Les délires d'Akakia

lundi, juin 11, 2018

« F**K TRUMP » (Robert de Niro)

Photo de Russel-Aurore Bouchard.

Ça fait un an et demi que j’attends pour me faire une idée bien à moi sur Trump, le président élu des Etats-Unis. J’observe, je prends notes de ce qu’il fait, de ce qu’il dit, je tente de ne pas me laisser influencer par les médias qui font chorus contre lui sans jamais nuancer, et je me questionne sur son instabilité caractérielle manifeste. Je le vois agir et je le vois aller. Sa dernière esbroufe, son comportement tout à fait inacceptable lors du G7 et son revirement spectaculaire au sujet du communiqué commun, m’ont finalement convaincu. Cet homme que les électeurs Américains ont élu pour chef est un fou, un danger pour la planète. 

Et tout le mal que je pense de lui ne ternit en rien la profonde admiration que j’ai pour nos voisins du sud... et tout le mal que je pense du G7 et de Trudeau qui n’a même pas été assez futé d’éviter de tomber dans le piège que tous les observateurs (sauf lui) avaient pourtant vu dans le visage de cet homme caractériel !

Depuis une semaine, Trump crache sur nous, sur le Canada, son plus fidèle ami depuis toujours, son plus important partenaire commercial, et, quoi qu’il en pense, son voisin pour l’éternité. Et bien que je déteste Trudeau comme je n’ai jamais détesté un politicien canadien à cause de son insignifiance crasse et de sa légèreté intellectuelle, en crachant sur cet abruti il a craché sur moi et je n’apprécie pas. Certes, le Canada n’a rien de parfait et celui que nous avons élu pour nous représenter à l’international n’est pas à la hauteur du défi auquel nous avons à faire face. Mais c’est mon pays, et quand mon pays est attaqué aussi bêtement par l’abruti d’en bas qui fait flèche de tout bois, je m’insurge contre l’agresseur et je sers les coudes avec les miens.

Akakia

vendredi, mai 04, 2018

La mémoire assassiné

La rue Mellon, Arvida, début des années 1950, à l'époque l'une des plus belles du Saguenay.

La mémoire assassinée !
En début de semaine, dans une chronique choc, Isabel Brochu s’est attaquée à la mémoire d’Arvida en soulevant l’idée qu’il faudrait rayer du répertoire toponymique saguenéen le nom du Boulevard Mellon, nommé ainsi en l’honneur Andrew William Mellon. Pour justifier sa position, elle ressort des boules à mites un vieux texte de Burton Ledoux (un activiste d’obédience communiste et anti-trust) qui, au tournant des années 1950, en avait eu gros sur le coeur contre les méchants capitalistes américains. Raisons évoquées, Mellon était banquier et pas des plus généreux ! Il a eu une influence néfaste dans la Crise de 1929, était proche des Nazis (même s’il est mort  en 1937 !) et fut accusé par le gouvernement américain en vertu de la loi anti-monopole dans le dossier de la fusion Alcoa-Alcan. Pour le rendre encore plus hideux, Ledoux lui a même attribué la soixantaine de cadavres soi-disant ensevelis dans le béton du barrage de Shipshaw lors de sa construction. Un triste héritage de cette dure époque il est vrai ! Pour les nuances et les considérants, on repassera.
En ce qui me concerne, le bonhomme ne m’inspire aucune sympathie. J’ai lu sur lui, et je pourrais en rajouter quelques-unes pour le rendre encore plus hideux. Quand on le regarde avec les yeux d’aujourd’hui, on est effectivement en droit de s’interroger sur l’accueil par trop généreux que nous lui avons fait jadis, et sur la place enviable qu’il tient dans notre mémoire collective. À ce compte-là, il faudra donc débaptiser la rue Voltaire, à Chicoutimi, parce que ce héros des Lumières a déjà eu des parts dans le trafic des esclaves aux Antilles et qu’il s’est royalement payé la tronche des Québécois quand tout allait si mal pour eux. Dans ce contexte, il faut également débaptiser le pont Dubuc puisqu’il a déjà engagé des enfants de douze ans dans ses chantiers. Et vu que nous y sommes, profitons-en donc pour changer au passage le nom de la rue Peter-McLeod puisque je lui reproche, dans mes écrits, d’avoir maintenu le Saguenay sous un joug de terreur.
Donnez-moi n’importe qui, et je vous trouve dix raisons pour justifier son renvoi. La question n’est pas nouvelle. Il suffit de rappeler simplement la polémique soulevée l’année dernière, tant à Montréal qu’aux États-Unis, dans l’épisode des plaques historiques, des statues de généraux confédérés et de tous ces autres qui sont devenus subitement des déchets de l’humanité. Même la statue de Christophe Colomb n’y a pas échappé ! L’horreur, je vous dis ! Le Génois a découvert l’Amérique et, ce faisant, il a changé l’histoire du monde ! Un crime contre l’humanité !
Que faut-il penser de tout ça ? Pas grand-chose de bien, en fait ! Dans le langage de l’histoire, on appelle ça du révisionnisme voire même du négationnisme. Le fond du problème est idéologique et les ressorts qui l’agissent sont politiques. Sans qu’il n’y paraisse, rue après rue, maison ancienne après maison ancienne, monument après monument, on est en train d’exterminer la mémoire. C’est justement ce que George Orwell a tenté d’illustrer dans son fameux « 1984 » ; c’est ce que Mao a essayé de faire en 1949 avec sa révolution culturelle ; et c’est ce que nous sommes en train de faire avec ce navrant mouvement de l’oubli qui prend de l’ampleur dans le contexte du projet onusien du gouvernement mondial.
Les monuments, les plaques historiques et les noms de rues sont habituellement érigés en temps de paix et d’abondance pour honorer la mémoire de ceux et celles qui ont joué un rôle certain dans l’édification de notre société. En cela, ils marquent un temps d’arrêt et témoignent des époques auxquelles ils sont associés. Ils nous permettent de mesurer le chemin parcouru et servent de point de repère pour assurer la suite des choses. Vouloir effacer de notre mémoire tous ces noms qui nous dérangent aujourd’hui, pour une raison et pour une autre, n’augure rien de bon. Anneau après anneau, on est en train de briser la chaîne qui nous relie, par la mémoire, à notre passé. Morceau par morceau, c’est donc tout ce qui nous a construits, tout ce qui a fait de nous une société solidaire, déterminée et libre, qu’on est en train d’effacer. L’erreur que nous commettons est mortelle. Peu à peu, nous nous désolidarisons et nous nous effaçons dans l’insignifiance et dans l’oubli.
Est-il trop tard pour corriger cette trajectoire funeste ? À vous de me dire…
Akakia




dimanche, avril 01, 2018

Chicoutimi, rue Racine : ces vieux murs qui parlent de nous !



CHICOUTIMI, RUE RACINE : CES VIEUX MURS QUI PARLENT DE NOUS !

Ces jours derniers, nous avons tous été émerveillés de la fresque murale revenant à la lumière du jour sous les coups répétés du bélier mécanique chargé de mettre à terre la partie côté cour d'un vieux bâtiment commercialisé, rue Racine à Chicoutimi (travaux effectués dans le cadre d'un projet de rénovations du réputé restaurant Chez Georges, Steak House). La nouvelle a fait un bruit du tonnerre ! La photo du mur de vieilles briques ainsi révélé, a illustré la une des journaux locaux et alimenté pendant trois jours les commentaires de la presse télévisuelle qui en a profité à juste titre pour faire l'éloge d'un temps perdu. Ils sont venus de partout, du haut du Lac-Saint-Jean jusqu'à Tadoussac en passant par Petit-Saguenay voire même de Québec, pour contempler ce rare témoin d'un passé pas si lointain. Le nôtre !

Comment ne pas s'émerveiller d'une telle beauté, grosse et souriante à souhait, laissant s'évader à l'air du temps des couleurs flamboyantes susceptibles de mettre en valeur un message publicitaire rendu aujourd'hui illégal sous le couperet d'une loi vertueuse niant abusivement le droit des gens à faire ce qu'ils veulent de leur propre vie. Le criminel message se lit ainsi : « Fumez les cigarettes Winchester – 20 pour 25¢ – Qualité supérieure » Ouf ! De quoi faire « virer fous » les zélotes vertueux de l'anti-tabac, les fées de la laitue bio et Manon Massé de Québec Solidaire ! Preuve, s'il en fallait une de plus, qu'en des temps pas si lointains les gens vivaient pleinement l'ivresse de la liberté toute simple, celle de pouvoir s'en mettre plein la face en sirotant sa petite bière d'épinette. Autre temps autre moeurs ! Ce n'est pas parce qu'on vote une fois tous les quatre ans qu'on est plus libre pour autant...

Avant de devenir aveugle et de mériter l'enfer pour avoir osé regardé un message subliminal vantant la supériorité de la cigarette Winchester, un peu d'histoire ne peut pas faire de mal à personne, pourvu que ça ne coûte pas cher et que ça ne reste pas trop longtemps dans la mémoire ! Après tout, on est dans la restauration et le temps presse. Le steak de Georges est sur la broche, la sauce piquante attend dans les barils, et la caisse a besoin de se remplir la panse ! J'en profite donc pour vous raconter le bâtiment de ce mur en trois photos, tirées de mon fonds d'archives.

***

Photo No 1 : Le bâtiment du mur coupable, rue Racine, vers 1928. Si vous remarquez bien à droite, sur le petit morceau du coin de la bâtisse, on a la chance immense de voir les traces de la bordure du message publicitaire. Et, de l'autre côté de la rue, sachons reconnaître les taxis d'Odilon Crevier, un pionnier dans le transport en commun au Saguenay.

Photo No 2 : Le même édifice, vers 1949, alors qu'il abritait le restaurant le plus en vogue de Chicoutimi, «Au Coq d'Or ». Après avoir connu ses heures de gloire au cours des années 1950, ce restaurant fut remplacé par « Chez Georges », propriété de la famille Abraham, l'ancêtre du co-propriétaire actuel,

Photo 3 : La photo du fameux mur, que je viens d'emprisonner avec mon portable, en ce 31 mars 2018. Profitez-en bien car, de l'aveu du fils Abraham qui n'a manifestement pas le temps de s'occuper de culture et d'histoire, il n'en restera plus rien d'ici peu.

Akakia



vendredi, mars 30, 2018

Saguenay, la ville-parking ! Et une mémoire à vau-l'eau...


Denis Villeneuve, in Le Quotidien, 30 mars 2018

SAGUENAY, LA VILLE-PARKING ! ET UNE MÉMOIRE À VAU-L’EAU...

Cachez cette fresque que je ne saurais voir, ça pourrait vous émouvoir et vous éblouir ! Tout le monde sait ça, à Saguenay, la ville fourre-tout, le patrimoine rend aveugle et l’histoire rend fou.

« Conserver ce mur est un projet en soi qui entraînerait des frais importants. Je suis un particulier qui opère un restaurant et qui veut le reconstruire. Je ne suis pas un historien. Personne n’est venu me voir pour me dire on va t’aider financièrement » ajoute M. Abraham, fils, un des actionnaires du réputé restaurant « George Stake House ».

Les Français réussissent à reconstruire un château du Moyen-Age alors qu’il ne reste que la moitié d’un mur et un monceau de pierres. Qu’on vienne pas me dire de telles sottises pour justifier notre inculture et notre absence d’intérêt envers les témoins de notre passé ! Voilà pourquoi j’ai cessé de me battre pour la préservation du patrimoine bâti et historique à Chicoutimi et au Saguenay. C’est peine perdu ! Ce sont ces mêmes « développeurs » qui, une fois dans leur vie, s’en vont s’extasier devant le patrimoine des autres en déplorant la perte du leur !

J’appartiens à une communauté de marmottes qui a perdu tout lien avec son histoire et qui s’est emprisonnée dans son présent. Continuez de mourir dans votre insignifiance crasse, puisque vous aimez ça ! On met des fleurs de plastique là où il y avait des jardins naturels, des animaux empaillés pour vanter notre faune locale, des plaques de plâtre gravées du nom des fondateurs pour justifier la démolition de sa maison qu’on entend remplacer par une station à essence laide comme un pou (rappelez-vous de la maison du fondateur de Chicoutimi, Peter McLeod). On détruit de nuit la maison du poète pour sauver sur la taxe municipale et en faire un parking payant. Pourquoi s’en faire avec si peu et pour une simple « affiche vintage », belle à faire rêver et qui suscite un peu trop d’émoi auprès des passants ?

Qu’on me pardonne si je radote, je ne suis plus de mon temps, je le sais bien, et j’ai un peu l’esprit tourné sur le passé ! Après tout, je ne suis ni marchand, ni restaurateur, ni banquier. Faut bien gagner sa vie !

Akakia

vendredi, mars 23, 2018

Un Canada maintenant totalement asexué. Bravo Justin, tu viens de te surpasser !!!



Source  : La Presse, 23 mars 2018

UN CANADA MAINTENANT TOTALEMENT ASEXUÉ. TANT QU’À ÊTRE FOU, C’EST COMME ÇA QUE J’AIME ÇA ! BRAVO JUSTIN, TU VIENS DE TE SURPASSER !

En tant que membre du cercle très restreint des femmes trans, je trouve cette décision complètement débile ! Il faut vraiment n’avoir aucun projet de société à proposer à notre pays pour en être rendu là !

Après avoir déclaré à la face du monde que le Canada était le premier pays de l’histoire de l’humanité à ne pas avoir d’identité. Après avoir fait un fou de lui en s’affublant comme un clown partout où il se produit. Voilà que le gamin pas très futé que nous avons élu comme premier ministre s’applique à réduire notre humanité à un monde peuplé de licornes, désincarné, sans genre et asexué. Pour cultiver la confusion et ajouter un étage de plus de la tour de Babel, c’est la recette parfaite.

Permettez que je vous dise : Vous l’avez voulu, vous lui avez donné les clés du Parlement, vous l’avez adulé comme un phénix alors qu’il n’y avait rien entre les deux ailes. Ne vous en prenez qu’à vous ! En deux ans et demi, ce gamin a fait reculer le Canada comme jamais un gouvernement n’avait réussi à le faire avant lui.

Comprenez-moi bien. Les trans ne sont même pas un pour cent dans ce pays et ont avancé, au chapitre de l’acceptation sociale à cet égard, comme aucun pays au monde. Pour le confort de tous, nous avons socialement accepté les changements de genre dans les actes de l’Etat civil. Depuis 2011, le Québec défraie les opérations de réatribution de sexe et s’enorgueillit d’avoir l’une des meilleures cliniques du genre au monde. Nous avons réglé l’épineuse question des toilettes publiques et protégeons les droits de tous ceux et celles qui affirment une différence, quel qu’elle soit. Ce n’est pas rien. Ce que nous avons accompli est énorme. La société a fait un pas de géant et c’est admirable. Nous (les trans) sommes maintenant normalisés dans l’ensemble de la société, qu’on vive à Terre-Neuve, au Nunavut ou à Vancouver. Il faut, en cela, nous féliciter et éviter de pousser le bouchon trop loin.

Mon avis. Commençons par apprécier ces avancées révolutionnaires et félicitons-nous que tout se passe si bien. Maintenant que nous avons gravi ensemble ce sommet de l’Éverest sociétal, laissons-nous un peu de temps pour digérer tout ça et considérons qu’il y aura toujours, dans nos sociétés, autant d’hommes que de femmes, des mamans et des papas, des grands-mamans et des grands-papas qui travaillent dur pour laisser un « patrimoine », et il y a, parmi tout ça, une infime proportion de gens qui auront à faire un effort supplémentaire afin de rendre leur genre conforme à leur sentiment d’être dans le groupe humain.

Pour ma part, le plus important, c’est d’avoir réussi à donner le meilleur de moi-même à ma société dans le temp que j’habitais le monde des hommes et depuis que je partage celui des femmes. Je n’ai pas fait tous ces sacrifices, tous ces efforts pour me faire dire que le genre n’est qu’une illusion. Ceux qui voudront vous faire croire cela, sont soit des menteurs soit des idiots. Et dans le cas présent qui nous occupe, je crois que c’est le second qui en est la cause...

Akakia

dimanche, mars 18, 2018

L'honneur, ce petit rien du tout qui fait toute la différence et qui, hélas, fait défaut à notre temps !



Winston Churchill, se prêtant de bon gré à un bain de foule à Québec, en 1943. Le Canada était alors appelé à jouer un rôle de premier plan dans ce qui allait devenir le plus grand fait d'armes de l'histoire de l'humanité : le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944.


Dans son discours prononcé le 19 mai 1940 et radiodiffusé à la BBC de Londres alors que la France courbait déjà le dos devant les premiers assauts de l’armée nazie, le premier ministre Winston Churchill, ne perdit pas de temps de son côté pour tracer, d’un trait profond, la distance morale qu’il n’accepterait jamais de franchir malgré la puissance des forces adverses : « Face au péril suprême », dit-il alors, « nous n’hésiterons pas à prendre toutes les mesures, même les plus radicales, pour obtenir de notre peuple la dernière once et le dernier pouce d’effort dont il est capable. Les intérêts de la propriété et les heures de travail ne sont rien, en regard de la lutte pour la vie et pour l’HONNEUR, pour le droit et pour la liberté, à laquelle nous nous sommes consacrées. »

Pendant les quatre années d’enfer qui suivirent le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Pendant ces temps d’incertitudes et de défections, celui qui, par son courage, sa moralité et sa détermination exemplaires, allait devenir la figure historique la plus marquante du XXe siècle, ne fléchira jamais devant l’ampleur du défi. D’un esprit souverain, le plus humain des hommes restera les yeux fixés sur le principe universel justifiant ses décisions, ses gestes et ses appels aux sacrifices dans la perspective de jours meilleurs ! « L’HONNEUR », le mot est récurrent dans tous ses discours. Dans cette nuit de ténèbre dans laquelle a été précipité le monde libre par la lie de l’humanité, Winston Churchill savait trouver, dans cette qualité humaine qui fait toute la différence, toute la lumière qu’il lui fallait pour guider ses pas dans ce chapitre d’histoire : « Nous ne sommes pas entrés en guerre dans un esprit de profit ou d’expansion », dira-t-il deux ans plus tard, au tournant du conflit, « mais seulement pour l’HONNEUR et pour faire notre devoir en défendant le droit. »

Cela dit, je vais probablement vous paraître dépassée, mais je me félicite toujours de faire partie du dernier groupe de résistants et de résistantes qui croient que l’HONNEUR, le courage, la recherche de la vérité et la quête de liberté des individus qui ne va pas sans le souci de s'émanciper au sein de la fraternité, sont encore et pour toujours les seules valeurs universelles qui permettent, aujourd’hui, à l'humanité de justifier encore son existence.
Dans cette époque pourrie que nous traversons, je suis également et farouchement d’avis qu’Il faut être, jusqu’à son trépas, engagé envers sa conscience bien au-delà de ce que la nécessité du corps, l’instinct de survie et le besoin de paraître commandent. Aujourd’hui, la décadence des mœurs politiques et la compromission de nos élites envers les forces de l’argent, nous ont fait décaler l’HONNEUR au rang des valeurs ringardes qui nous recalent à une époque révolue, dépassée. Croire à un tel aboutissement, nous éloigne, au contraire, du grand projet de l’humanité et nous abandonne aux forces vilaines du pouvoir qui ne vit qu’en fonction du pouvoir et pour le profit de celui qui le détient. Le combat de la vie me l'a appris ; l’HONNEUR ne s’obtient jamais au terme d’une soumission ou d’une compromission ; comme la vertu et la dignité qui relèvent d’un code d’éthique régi par une morale souveraine et indéfectible, l’HONNEUR se mérite et ne se quémande pas ! J’aimerais le rappeler à ceux et celles qui ont entrepris de faire peser sur eux et sur elles le poids de notre destinée commune. Arrêtez de nous déshonorer par vos agissements et défections. Reprenez-vous, le temps presse…

Akakia

vendredi, mars 09, 2018

Les Pays d'en Haut, nouvelle version, tout compte fait je préfère la dernière...


Arthur Buies et son ami, le curé Label

Parlez-en en mal, parlez-en en bien, mais parlez-en dit l'adage ! Pour une fois qu'on a une série télévisée qui nous replonge dans notre passé pas si lointain, ce passé qui est bel et bien à nous, faut-il vraiment s'émouvoir des petites erreurs historiques et des anachronismes que d'aucuns disent y avoir notés. Quelle est la part du vrai et la part du faux entre la Donalda de la première version et celle de la seconde ? Entre le Buies de la première et celui de la seconde ? Entre le Séraphin tenu par Jean-Pierre Masson et celui tenu par Vincent Leclerc ? 

Pour les puristes qui s'ennuient de la première version et aimaient bien voir Donalda soumise comme une poupée. Pour ces messieurs qui aimaient bien le Ti-Père Ovide joué par Pierre Daigneault et tous ces autres, cessez de vous en faire pour si peu, tout compte fait j'aime beaucoup mieux la seconde version que la première car elle a au moins le mérite de lever un coin du voile sur un côté oublié de la vie quotidienne dans notre ancien temps.

Il faut lire les Mémoires de Val-D’Ombre (pseudonyme de C.-H. Grignon), pour savoir comment il a construit ses personnages. Et il ne faut surtout pas tenir rigueur à la dernière version westernisée pour le déphasage de la fresque historique. Pour être en mesure de faire sa production télévisée et filmographique, Grignon a dû se plier à la censure de l’Église catholique, trahir tous ses personnages et en faire des êtres soumis, pleutres et incapables de quelque rébellion. Ce qui n’était manifestement pas la réalité.

D’ailleurs, la version que nous écoutons est inspirée de la série Deadwood, produite par HBO voilà une dizaine d'années. Moi,personnellement, j’aime mieux le Séraphin et la Donalda d’aujourd’hui, qui sont infiniment plus près de la réalité historique que dans la version première. Pour l’utilisation des armes à feu, je vous signale que le port d’arme dans les rues était tout à fait légal jusqu’en 1935, dans les villages des régions. Regardez les fresques de Krieghoff et vous allez voir des Indiens portant fusils à la main dans les rues de Québec au milieu du XIXe. Même le port du révolver, quoi que moins populaire que chez nos voisins du sud, était totalement libre jusqu'au milieu des années trente.

Pensez-vous seulement qu’il n’y avait pas de violence à cette époque ? Pas de femmes homosexuelles ? Pas de femmes à la cuisse légère ? Pas de femmes rebelles ? Pas de coups de fusil dans la nuit ? Pas de curés libertaires et aimant le whisky blanc ? Pas de maires pourris ? 

Ben voyons donc !

Pour celui qui, ce matin sur le net, s'est offusqué d'avoir vu apparaître un « maudit Musulman » [sic], qu'il se console, ce n’était pas un Musulman, mais un Syrien. Et il était probablement chrétien ?! Car il y en avait plein au Québec à la fin du XIXe. De même que les Doukhobors venus de Russie, des Irlandais, des Écossais, des Français, etc.... Ces Syriens se faisaient « peddleurs » comme on disait à l'époque. Au Saguenay comme dans toutes les régions de colonisation, ils ont partagé cet espace publique avec les commis voyageurs, ont fait connaître les premiers produits exotiques comme les oranges et les bananes, et présenté les premiers spectacles visuels avec la fameuse lanterne magique (eh oui, ce sketch était éminemment véridique et d’époque !) 

C’est exactement ce que l’on voit dans la nouvelle version des Pays d’en Haut. Oui, il y a plusieurs erreurs historiques dans ce dernier cru, mais cette version est plus près de la réalité que la première où tout le monde était soumis envers les institutions, ce qui est loin d’être vrai.

Prenez, par exemple, l’anti-cléricalisme d'Arthur Buies. Eh bien le bonhomme s’était même engagé, dans sa jeunesse, dans les Troupes de Garibaldi, l’armée populaire levée pour combattre Le pape par les armes. Alors quand on le voit brutaliser un faux-prêtre et critiquer l’archevêque, cela tient le coup. Buies ne s’était converti au christianisme qu'au troisième tiers de sa vie, après avoir eu, dit-on, une apparition de la Vierge Marie.

Akakia