Les délires d'Akakia

lundi, juin 22, 2009

Les Métis du Saguenay déçus et profondément heurtés...

Les Métis du Saguenay, déçus et profondément heurtés par le mépris du Gouverneur général du Canada, Michaël Jean...

Nous les Métis du Saguenay et du Lac-Saint-Jean, nous nous réjouissons pour les Ilnutsh d'avoir reçu toute l'attention de Mme Michaël Jean, Gouverneur-général du Canada, lors de la journée nationale des Autochtones du Canada. Mais nous dénonçons son comportement discriminatoire à notre égard et nous lui disons que nous nous sentons profondément heurtés par le mépris qu'elle a manifesté à notre endroit en nous ignorant totalement.

En tant que Lien de Mémoire de la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, je tiens à rappeler à Mme Jean, elle-même métisse haïtienne qui sait ce qu'est le mépris des colonisateurs, que son mandat est de représenter tous les autochtones du Canada, ce qui comprend les Métis qui le sont au même titre que les Indiens et les Inuits qu'elle a salués le mois dernier. Le Gouverneur Général du Canada est là pour respecter la Constitution canadienne qui prévoit cette reconnaissance des Métis à l'article 35. Elle doit être une voix importante pour soutenir les plus faibles, elle doit faire de son mieux pour éliminer toute discrimination raciale, et elle ne doit pas attiser les tensions déjà difficiles entre les peuples autochtones placés sous son ombrelle.

Il est dommage que Mme Jean, qui sait ce que vaut une couverture de presse puisqu'elle a été une journaliste à la télévision de Radio-Canada, il est dommage que Mme Jean n'ait pas eu cette générosité à notre endroit et qu'elle nous ait privé de la dignité humaine à laquelle nous avons droit en tant que peuple autochtone du Canada lors de son passage dans notre Royaume.

Russel-A. Bouchard
Lien de Mémoire de la CMDRSM

René Tremblay, porte-parole des Métis de la CMDRS, présentant le site historique du poste de traite de Chicoutimi, lors de la rencontre annuelle traditionnelle, le 21 juin 2009.

dimanche, mai 31, 2009

Le Saguenay, la porte du Paradis perdu...


On a beau la voir et revoir une, deux et trois fois l'an. On a beau l'avoir vue sous toutes ses coutures et dans tous les temps, la rivière Saguenay, l'épouse immortelle du fjord, comme la plus belle des nymphes, ne lasse jamais de se faire admirer. Les femmes étaient belles comme des déesses et toutes ragaillardies par le grand air du large. Il y soufflait un vent d'enfer lorsque nous sommes partis, comme si la Malin voulait nous rappeler que le dernier hiver n'est jamais trop loin du prochain qui vient vite en ce pays. Un voilier d'outardes par-ci, trois canards de mer par-là et une mouette voleuse par-dessus bord, c'était sans compter sur le buffet généreux sans bon sens, le bon vin, la bière et l'orchestre formé de deux anges en smoking et jouant des airs de circonstance.

Une journée fabuleuse, où je comptais parmi le cercle d'invités triés par le Monnaie canadienne et la ville de Saguenay qui, bras-dessus bras-dessous, allaient lancer la nouvelle pièce de 25 cents ; une pièce en argent nouvellement frappée à l'effigie de la statue de la vierge (7,5 mètres) trônant sur le premier pallier du cap Trinité. On a beau être mécréant comme les Français que j'aime bien, on y sent presque l'air du Ciel et le son de la harpe qui nous en indique l'entrée du Paradis perdu, quand on y vogue en aussi douce et joyeuse compagnie.

Certes, « y fesait frette en maudit » comme on dit chez-nous ! Mais grand Dieu du Pôle Nord que cette nature est belle et généreuse. Tout ça pour vous donner l'eau du Saguenay à la bouche. Nous vous attendons, et vous assurons de notre amitié...

Akakia

Sur la Marjolaine, où il faisait bon rire.

En direction de Tadoussac, tout près de Tableau.


En arrivant à Sainte-Rose-du-Nord (L'Anse-du-Manitou)


Le cap Trinité, plongeant à 450 mètres dans les eaux du fjord. Voyez la statue, sur le deuxième pallier, elle mesure 7,5 mètres de hauteur, et a été érigée-là en 1881.


Un cap qu'on ne se lasse d'admirer, et une Vierge qui se mérite tout le respect des voyageurs, depuis qu'elle a été plantée sur le massif, en 1881.


La pose pour l'Histoire qui s'écrit, lors du lancement officiel, par la Monnaie canadienne, d'une pièce en argent de 25 cents, frappée à l'effigie de la Vierge du Cap Trinité.

vendredi, avril 17, 2009

Abitibi-Bowater à l'agonie ! Eh bien qu'elle meurt, la solution ne viendra que plus vite !...


La multinationale Abitibi-Bowater vient de se placer sous la protection de la loi pour retarder sa faillite qui est déjà une réalité. La goinfre des goinfres qui a tout bouffé l'héritage des Saguenéens, en redemande. Les quelque 7 500 travailleurs ne savent plus à quels saints se voués, les populations laissées pour compte craignent le pire. Désolé de le dire ainsi, mais ces pauvres gens sont perdants depuis le début de cette saga pourrie où ils ont été confinés à des rôles d'observateurs et ils vont l'être jusqu'à la toute fin !

Qu'espèrent les boursiers de cet autre naufrage de la haute finance inernationale en se cachant ainsi sous le manteau protecteur de la Loi ? Simplement ramasser les derniers écus qui nous restent dans la marge de crédit publique, et quitter la scène bien certaine qu'il ne reste plus rien pour personne, que tout ce qui pouvait être pris a été pris jusqu'au dernier centime de notre avenir collectif mortellement hypothéqué.

L'arnaque du siècle ! Et tout ça, pendant que l'État du Québec enfilé par l'État canadien tente de nous faire croire qu'il peut encore être fait quelque chose pour remettre en vie ce cadavre industriel.

L'Abitibi-Bowater se meurt ! Eh bien qu'elle meurt ! Car ce n'est plus qu'une épave pour laquelle nous ne pouvons plus rien. Que le gouvernement actuel s'occupe de ceux qui auront à vivre avec les conséquences désastreuses de sa très mauvaise gestion des affaires publiques. Qu'il s'occupe des régions saignées à blanc, des travailleurs et des retraités odieusement pris en otages après avoir tout donné. Les derniers centimes que nous possédons doivent revenir à eux seuls, et non pas à ceux qui ont sabordé le navire à force de s'en mettre plein les poches. Et qu'on commence enfin à parler des vraies choses, soit la reconstruction de ce qui n'est plus qu'un champ de ruines où rien ne sortira tant que nous ne l'aurons pas nettoyé de ses gravats fumants et de sa ferraille qui ne vaut plus un clou...

Akakia



Abitibi –Bowater la victime ?!

À en croire les propos de nos élites de la « société civile » que sont MM. Bernard Généreux, Jean-Marc Crevier et Sylvain Parent respectivement président de la FMQ, représentant régional de la FTQ et président de la FTPF, Abitibi-Bowater – cette multinationale qui a son siège social aux Etats-Unis est-il superflu de le mentionner – est victime de l’entêtement des gouvernements notamment le fédéral à ne pas vouloir se porter garants de la dette monstrueuse ( 6 Milliards et plus) de cette forestière et mettre l’industrie dans son ensemble à l’abri de ce qu’ils appellent encore cette « crise forestière» en distribuant des subventions directement aux entreprises, des prêts, des garanties de prêts et tout le train de mesures habituelles de redressement, pour sauver le secteur forestier québécois de la faillite. Pendant que ces messieurs ratiocinent à tout vent dans les média, une réalité s’impose à tout observateur sérieux et de bonne foi et que traduisent avec force pertinence les analyses des spécialistes les plus renommés en la matière au Québec, les LeBouitillier, Filion et quelques autres.

Primo la « crise » n’est pas une crise mais un effondrement planétaire du marché du papier et du bois d’œuvre. Deusio le modèle affairistes de l’industrie forestière au Québec et particulièrement de ce géant qu’est Abitibi-Bowater ne satisfait plus les critères d’un marché en pleine mutation et tertio, Abitibi-Bo est tout simplement victime de sa propre turpitude. Conclusion, toute action visant des secours directs à Abitibi-Bo de la part des gouvernements aurait été vaine, perte nette et n’aurait servi qu’à graisser les actionnaires.

J’y ajoute ici mon humble avis en prétendant que la stratégie des gestionnaires de ce grand prédateur économique, en se placant sous la loi de la protection contre les créanciers ( parmi lesquels se trouvent au premier chef les municipalités ) est de tenter de soutirer le maximum des gouvernements, avec un simulacre de plan de redressement financier impliquant des fermetures et des ventes d’actifs dont évidemment les centrales hydroélectriques régionales au plus offrant – les différents paliers de gouvernement étant bien mal placé pour s’opposer à ces transactions dans un pareil contexte. Une dernière et ultime ponction dans le portefeuille et le garde-manger des québécois avant de dégoupiller et de plonger définitivement vers la faillite.

C’est justement cette stratégie qu’avait flairée ce rusé premier ministre Danny William de Terre-Neuve ( le Hugo Chavez de l’Amérique du Nord ! ) alors que son gouvernement décrétait il y a peu de temps l’expropriation pure et simple d’Abitibi-Bowater qui menacait de fermer son usine de Gran Falls. En récupérant les actifs, les CAAFS, les centrales hydroélectriques et bientôt peut-être les usines, l’État du Newfoundland se donne les leviers qu’il faut pour se repositionner rapidement sur les marchés en émergence, remettre ses travailleurs sur les rails... et les profits dans le trésor public. Et voilà le travail. Que n’avons-nous ici au Québec autre chose que des valets « brainwashés » comme leaders socio-économiques!

Richard Harvey
L’Ascension

jeudi, avril 16, 2009

Qui dort dîne !

Paris, printemps 2009

mardi, février 24, 2009

Une histoire de la navigation sur le Saguenay – discours prononcé à l'occasion du lancement

Lancement du livre
« Une histoire de la navigation sur le Saguenay »
par Russel Bouchard
Présentée à l’hôtel de ville de Chicoutimi

Discours de circonstance
Hôtel de Ville de Chicoutimi
25 février 2009

Un projet d’écriture qui attendait son heure

L’idée de ce livre ne date pas d’hier. Elle sommeillait en moi depuis le début de la rédaction de mon histoire du Saguenay des fourrures, en 1988. N’étant pas en manque de sujets sur l’histoire du Saguenay et n’ayant pas encore réuni suffisamment d’informations pour mener à bien un tel projet d’écriture, il me fallait laisser au temps et à l’effort le soin de m’y conduire un jour. La documentation archivistique et historique finalement réunie au terme de ces vingt ans de cueillette, il ne restait plus qu’à attendre l’événement susceptible d’en justifier la mise en œuvre. Cette heure sonna lors de l’arrivée de la nouvelle vague des grands bateaux de croisières, en 2007. Et elle prit sa place dans mon propre agenda d’écriture lors de l’amorce des travaux de construction d’un super quai d’escale dans les eaux de la baie des Ha! Ha!, fruit de l’initiative du conseil de Ville de Saguenay, qui a vu juste et grand dans ce programme d’infrastructures, et de Promotion Saguenay, une société autonome qui en est devenue le fer de lance.


Cinq constats se dégagent de cette histoire de la rivière

Premier constat :
C’est par le Saguenay que notre histoire a commencé, c’est par le Saguenay qu’elle passe aujourd’hui, et c’est par le Saguenay que notre avenir, à court, moyen et long termes peut être assuré. Ce qui me permet de vous dire d’abord que, quoi qu’il advienne, individuellement et collectivement, nous sommes dépendants de la rivière et de son environnement naturel et humain ; et que, cela étant, nous devons profiter de ce momentum qui nous est offert aujourd’hui pour raviver notre mémoire et nous rapproprier le Saguenay qui coule dans nos veines en devenant les maîtres de notre présent, ce qui implique d’ores et déjà un effort ponctuel pour bien connaître notre histoire qui est aussi la nôtre.

Deuxième constat :
Je constate aussi que l’Alcan n’est pas venue à bout du Saguenay malgré nos abandons et malgré tout l’effort qu’elle y a mis.

Troisième constat :
Je constate encore que le gouvernement du Québec n’a pas réussi à amener la rivière à Montréal même s’il y a mis tous les efforts pour y envoyer notre population, et même si plusieurs penseurs de la faillite néolibérale parlent, d’une voix de plus en plus forte, de fermer les régions ressources au profit de Montréal.

Quatrième constat :
Je constate, comme jamais, que les trois plus grands projets portuaires de notre histoire ont été initiés dans des périodes de crise, par des gens d’ici, des politiques, des hommes d’affaires et des esprits visionnaires. J’entends faire référence ici au projet de la construction du port de Chicoutimi, par Dubuc (1928-1933) ; au port de Grande-Anse, par le député Marcel Dionne en 1982 ; et au quai d’escale, le projet de notre maire actuel, de l’équipe du conseil de ville de Saguenay et de Promotion Saguenay.

Cinquième constat :
Et je constate, enfin, que cette histoire prenante de la navigation sur le Saguenay redonne tout son sens à la toponymie, et plus particulièrement au toponyme de « CHICOUTIMI » qui mériterait de reprendre sa place au cœur de nos existences. Sans la restauration de CHICOUTIMI comme premier lieu commun de notre histoire et comme premier quai de débarquement des premiers explorateurs qui, en 1661, ont inscrit son nom au rôle de la grande histoire du monde. Sans cette remise en l’état de ce point d’ancrage de notre mémoire commune, l’histoire du Saguenay change de visage, perd de sa personnalité, s’atténue au profit de forces qui nous échappent. Elle perd de sa personnalité, dévie de son cours pour une destinée qui n’est pas inscrite dans le courant de la rivière et du fjord, un courant perpétuel qui est intimement lié à celui du Saint-Laurent, de l’Atlantique et de l’Occident.


CHICOUTIMI, c’est le premier nom d’un lieu-dit qui est sorti de la plume des explorateurs. Aucun toponyme n’est plus ancien, entre Tadoussac et le Piekouagami. Il est sorti de la lanterne du temps et de l’encrier de l’Histoire, avant la Grande Anse (baie des Ha ! Ha !), avant les Anses du Manitou (Sainte-Rose-du-Nord), avant la rivière de la Couchée de Castor (Anse-Saint-Jean), avant l’anse au Laquais (le port de Grande-Anse), avant les Terres-Rompues voire avant Shipshaw et Kinougamiou (lac Long). CHICOUTIMI exprime le bout de la piste navigable pour ceux qui sont appelés à faire les premières découvertes. Il marque, sur la première carte géographique dessinée en 1665 grâce aux premiers récits des explorateurs, l’endroit où il faut s’arrêter pour passer au lac Saint-Jean. Et il signifie, le lieu de rencontres par excellence des deux peuples et des deux cultures qui forment aujourd’hui la population indigène du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Cela dit et cela étant, maintenant que l’union politique du territoire est réalisée et assurée, maintenant que l’émotion de la fusion forcée est passée, nous pouvons en profiter pour nous remettre en route. Je suis d’avis qu’il faut faire naître le débat sur l’histoire, que ce débat devrait être intelligent, qu’il devrait faire ressortir la réalité à laquelle nous sommes confrontés, qu’il devrait faire en sorte de stimuler nos sentiments et notre fierté d’être ce que nous sommes. Des gens du Saguenay, le peuple né de la rivière…


Ce sera notre mémoire ou celle des autres que
nous laisserons en héritage à nos enfants


Si nous n’avons plus la volonté d’exprimer ce que nous sommes en tant que collectivité d’accueil, si nous n’avons pas l’intelligence d’établir les balises historiques qui marquent les pas de notre histoire, si nous ne prenons pas nos responsabilités face à notre devoir de mémoire, nous cassons le fil qui nous unit collectivement à notre passé. Nous perdons la prérogative de nous réinventer et nous n’avons plus aucun avenir. Si nous continuons de détruire les points d’ancrage qui nous servent de balises au sein de la marche des peuples (et je parle ici des lieux historiques, du patrimoine architectural et artistique, des noms de lieux anciens) ; si nous n’y voyons pas et si nous continuons de laisser faire comme nous le faisons par paresse et courte vue, si nous perdons notre mémoire, nous condamnons nos enfants et nos petits-enfants à recevoir la mémoire des autres en héritage et à penser comme eux. Ce sera l’ultime tragédie. Nous aurons mérité ce qui nous est imposé. Nous n’aurons plus que le mépris des survivants et des prochains arrivants pour nous tenir de lieu de mémoire.


La population d’abord et la rivière à la population


L’idée première et le grand objectif de cette histoire sont donc de remettre notre mémoire à l’ordre du jour et de redonner la rivière à la population.

Dans cet esprit, je réserve donc ma conclusion à la population locale, notamment celle du quartier de Saint-Alphonse de Bagotville, hôtesse du quai d’escale, là où le premier chapitre d’histoire de la colonisation agricole et forestière a pris racines. Au premier titre, c’est elle, la population de Bagotville, qui mérite d’avoir les premières retombées économiques et culturelles, et c’est à elle qu’il faut penser d’abord quand il est question d’un projet de développement récréo-touristique aussi majeur, un développement qui, par sa puissance, pourrait lui être néfaste. Ma conclusion ne peut donc se traduire autrement que par un souhait de réussite aux concepteurs, aux maîtres d’œuvre et à notre hôtel de ville, un souhait accompagné d’une mise en garde adressée à ceux et celles à qui on a confié la lourde tâche de repenser, en fonction de ce grand projet, le plan d’urbanisme de ce quartier historique qui risque gros.

Quand le programme aura été réalisé dans son entier, on ne pourra pas revenir en arrière. Nous aurons utilisé au mieux cet héritage patrimonial, ou nous l’aurons gaspillé comme cela est trop souvent arrivé. Je profite donc de cette tribune privilégiée pour lancer ce cri du cœur. Si, dans ce projet, les gardiens élus de notre patrimoine ont décidé d’évacuer les intérêts supérieurs à moyen et à long termes de la population locale. Si les développeurs et les urbanistes n’ont pas prévu d’inclure la participation de la population dans la programmation de ce plan magistral. Si la population perd la vue et l’accès immédiat à sa rivière. Si les seuls bénéficiaires sont les architectes, les ingénieurs et les commerçants de béton —ce qu’il convient d’appeler les intérêts à court terme et à courte vue. S’il n’y en a que pour ces derniers, nous aurons, collectivement, échoué et gaspillé ue autre part de notre héritage patrimonial. Nous aurons bêtement copié le scénario de la catastrophe de Mirabel. Nous aurons reproduit l’échec du Parc Forillon à Gaspé. Nous aurons fait la même erreur que le Gouvernement du Québec a faite à la Place Royale de Québec, en tassant les citoyens de ce quartier historique au profit de quelques étrangers privilégiés, au profit de la SAQ et des amis du ministère des Affaires culturelles, sans comprendre qu’il venait de détruire la principale richesse de la Place, soit sa population, sa culture spontanée et sa mémoire vivante..

Souhaitons-nous mutuellement que ce soit notre réussite à tous. Souhaitons-nous encore longue vie…


Russel Bouchard


Photographies :
1- La « Bonne Renommée », tirée de l'oeuvre de Champlain
2- La goélette St. John, quittant le Remous de L'Anse-aux-Foins
3- Goélettes dans le port de la Baie des Ha! Ha!

lundi, février 23, 2009

Le livre de Russel Bouchard, « Une histoire de la navigation sur le Saguenay », enfin disponible


Pour vous procurer le livre par la poste, il vous suffit de commander directement à l'adresse de l'auteure, et de joindre à votre commande un chèque ou un mandat poste de 49$, ce qui comprend le livre et les frais d'expédition.
Écrire à :
Russel-A. Bouchard
33 Saint-François,
Chicoutimi, Qc.
Canada
G7G 2Y5


Daniel Côté (texte)
Jeannot Lévesque (photo de l'auteure)
Texte tiré du Progrès-Dimanche, Chicoutimi, 22 février 2009

Le livre que lancera l'historienne Russel Bouchard le 25 février à 17h, à l'hôtel de ville de Chicoutimi, compte parmi les plus importants de sa longue carrière. Intitulé «Une histoire de la navigation sur le Saguenay», cet ouvrage de 420 pages montre à quel point ce cours d'eau a été - et demeure - le point d'ancrage de l'occupation humaine au sein de notre région.

Au fond, c'est l'histoire de toutes les histoires. Richement illustré, comme en font foi ses 140 photographies et ses nombreuses cartes, ce livre évoque toutes les facettes de la rivière, de la légende amérindienne qui en explique la naissance à la création d'un quai d'escale à La Baie, en passant par la traite des fourrures, l'exploitation des pinières par Sir William Price I, de même que la production de la pulpe et du papier, de l'aluminium et de l'électricité.

Pour qui n'a jamais lu sur l'histoire de la région, c'est l'équivalent d'un cours 101. On voit apparaître des personnages familiers, les Cartier, Champlain, McLeod, Price et Dubuc, sans parler des missionnaires et des navigateurs, ainsi que des colons et des ouvriers qui ont fréquenté le Saguenay au fil des siècles.


«Je compte 37 ans de métier et 30 ans de recherches en carrière, ainsi que deux ans de travail sur ce projet et neuf mois d'écriture, ce qui constitue un record pour moi. J'ai donné le meilleur de moi-même pour que les gens découvrent et s'approprient enfin leur rivière. Il s'agit d'une première au Québec. Même le Saint-Laurent n'a pas eu droit à une histoire aussi complète», a mentionné l'auteure au cours d'une entrevue accordée à Progrès-Dimanche.

Le livre est structuré de telle manière que la grande et la petite histoire sont étroitement maillées. Des anecdotes aident à humaniser le propos, comme ce témoignage du père Pierre Laure qui exerçait son ministère à la chapelle du poste de traite de Chicoutimi, en 1720, lorsqu'on lui a demandé de bénir un mourant à Tadoussac. Tombé dans le Saguenay avec ses deux canoteurs amérindiens, ce vaillant homme a failli mourir à la suite d'«un orage qui s'étoit élevé soudain du nord-oist».

// La version complète du texte est disponible dans votre Progrès-Dimanche

jeudi, février 19, 2009

Commémoration du 13 septembre 1759-2009 —Qui a intérêt à crier victoire ?!


Drapeau blanc !

Les extrémistes purs et durs du mouvement pour l’indépendance du Québec crient victoire ! Non contents d’avoir enrayé une belle occasion de faire un rappel du passé qui aurait pu servir de tremplin à un projet qu’ils ont kidnappé, voilà qu’ils en redemandent comme des enfants gâtés qui savent qu’ils ont tiré dans leurs propres rangs et qui imputent aux autres la conclusion imposée à tous au nom de la sécurité publique.

Faisant ainsi l’éloge d’une certaine radio qui n’a pas été dans le sens de son discours, Patrick Bourgeois, le grand patriote sur qui pèse maintenant le fardeau de sa propre option politique, ne s’est pas privé de donner sur les ondes sa propre méthode pour régler en moins de deux le compte de ceux qui ne pensent pas et ne disent pas comme lui.

Une seule solution, selon lui : « leur péter la gueule » ! Beau Québec libre en perspective ! Faut-il s'inquiéter du fait que les deux principaux porteurs du drapeau de l'indépendance du Québec, Gilles Duceppe et Pauline Marois, ne se soient pas énergiquement distancés de ce dérapage verbal et des menaces de violences qui l'ont accompagné ?

La question qui tue !

Et qu'en est-il de ceux qui n’y sont pas ? J’entends par là et aussi les nationalistes respectables et respectueux de la démocratie (la majorité qui partage cette option légitime quoi !). J’entends bien ceux et celles du bon peuple qui, comme moi, auraient bien aimé qu’on ressorte du placard les grands non-dits et les grands mensonges de notre histoire nationale récupérée à toutes les sauces idéologiques. J’entends encore cette majorité silencieuse qui a laissé les autres parler en son nom et qui aurait bien aimé comprendre comment les Canadiens français ont fini par en arriver là au terme d’un simple affrontement militaire d’une quinzaine de minutes, résultat, faut-il prendre soin de préciser, d’une politique métropolitaine mercantile française mesquine, à courte vue, méprisante et méprisable.

Est-ce que l’Histoire aurait été plus clémente pour nous, Québécois de toutes les allégeances et de toutes les origines ? N’aurait-il pas été intéressant de débattre, entre gens matures et respectueux des idées, sur la réalité qui aurait été nôtre si la France avait vaincu sur l’Angleterre il y a de cela 250 ans cette année ? Comment se sentiraient les Québécois, aujourd’hui, si la France avait réussi à faire du Québec ce qu’elle vient de réussir avec la Guadeloupe française, cette colonie anachronique déguisée en « territoire d’outre-mer » (sic).

Les grands perdants

Aujourd’hui, comprenez que je le déplore avec toute l’énergie dont je suis capable, aujourd’hui c’est la médiocrité qui gagné sur le nombre, et c’est le mouvement pour l’indépendance du Québec qui a perdu de la crédibilité.

Pour dire plus juste, les grands perdants dans ce débat, ce sont ceux qui n'y verront pas plus clair au terme de cet affrontement où le pathétique des uns et la mollesse des autres l’ont vitement remporté sur la noblesse des idées. Pour dire court et bien, les grands perdants ce sont tous les Québécois, indépendantistes comme fédéralistes, Canadiens français comme Canadiens anglais, autochtones comme allochtones, en fait tous ceux et celles qui ont contribué à construire le Québec actuel depuis 1759. Ce sont eux qui se sont faits voler la commémoration d'un événement qui leur revenait de plein droit.

Akakia