samedi, décembre 05, 2015

Projet de loi 64 sur l'enregistrement des armes à feu au Québec : un Parlement qui a perdu sa fonction de débattre

À la fin de la lecture du dicours du Trône à Ottawa, vendredi 4 décembre, une correspondante parlementaire québécoise a approché Denis Lebel (à gauche), député et co-représentant officiel du Parti conservateur, pour lui demander s’il y avait vu du « positif »« Du positif  ? » répondit-il du tac au tac. « Je suis dans l’opposition, madame ! Aujourd’hui j’assume mon rôle totalement ». Voilà l’attitude qu’aurait dû avoir Pierre-Karl Péladeau au dépôt du projet de loi 64. Voilà le devoir auquel nous sommes en droit de nous attendre du chef de l’opposition officielle quand le parti ministériel dépose un projet de loi sur le parquet de l'Assemblée nationale : de la réserve Monsieur Péladeau ! De la mesure ! De la nuance ! De la distance ! Des considérants qui marquent la frontière entre une démocratie et une dictature…


Le 3 décembre dernier, lors du dépôt en Chambre du projet de loi 64 sur l’enregistrement des armes à feu d’épaule, le premier ministre Couillard a pris le temps de dire que cela devrait se faire rondement et sans plus de formalité du fait que tous les partis qui siègent à l’Assemblée nationale avaient déjà donné leur accord. Avant même d’avoir pris le temps de lire le document, le Parti ministériel pouvait déjà crier victoire et nous dire, ad nauseam, que sa loi scélérate allait être adoptée telle quelle et manu militari, sans débat, sans amendements et sans tenir compte des hauts le cœur d’une partie importante de la population qui ne l’entend vraiment pas ainsi.

Et quand je parle d’une population dissidente, je parle d’une grande partie du Québec et je fais évidemment référence aux propriétaires d’armes à feu, des chasseurs et des tireurs sportifs en particulier, qui vivent en Gaspésie, en Mauricie, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, en Abitibi et dans l’extrême Nord. Car ce sont bien ces populations appauvries par ce système dénaturé qui seront pénalisées et flouées par leur propre Parlement qui, faut-il le déplorer, ne siège plus que pour répondre aux gérémiades du lobby féministes (un mouvement extrémiste) et aux diktats de la grande ville, Montréal.

Ahurissant ! Où est la démocratie quand, dans un pays qui s’affiche comme un modèle du genre à travers le monde, le bon peuple, celui des régions, se retrouve sans voix contradictoire devant un Parlement qui n’écoute plus que lui. La manoeuvre a de quoi inquiéter. Ici et désormais, l’émotion supplée à la raison. De fait, en moins d’un mois, notre Parlement provincial a adopté trois lois moralisatrices importantes sans difficulté aucune, et il en a présenté une quatrième qui, de son propre aveu, ne souffrira d’aucun débat parce que les partis politiques qui siègent à l’Assemblée nationale s’entendent comme larrons en foire quand cela fait leur affaire et qu’ils se sont tous mis d’accord sur la question du registre. Après la loi sur le suicide assisté (honteusement maquillée en « loi pour mourir dans la dignité » !) ; après la loi contre les fumeurs sur lesquels il est toujours bon de fesser à grands coups d’interdits, de taxes et de contraintes ; après la loi sur le statut juridique des animaux (moralement bonne celle-là et sans conséquence pour nos libertés), nous voici soumis, sans modération aucune, aux délires d’un gouvernement qui, en roi et maître, règne au nom de la vertu.

Ce quatrième exemple de projet de loi 64, le plus inique du lot, en porte, encore une fois, la marque honteuse ; en moins d’un mois, notre Parlement démontre qu’il a perdu toute capacité de débattre. Contre le bon peuple réduit en sa plus simple expression, il n’y a plus que des procureurs de la Couronne et aucun avocat de la défense comme on serait en droit de l’exiger sur les banquettes de l’opposition. Dans cette dérive du consensus parlementaire en proie de devenir la nouvelle donne au Québec, qui nous protège ???

Au cas où on l’aurait oublié, aucune loi ne donne la liberté. Toutes, sans exception, ont pour mission de la restreindre comme une peau de chagrin sinon de l’entraver en tout ou en partie. Ne serait-ce que pour cette ultime raison, celle d’une loi contraignante et critiquable imposée par un Parlement moralisateur, impulsif et vertueux qui a perdu sa capacité de débattre comme les citoyens sont en droit de l’exiger ; ne serait-ce que pour cette raison de principe qui est au fondement même de notre démocratie parlementaire, ce projet loi, ainsi soumis, mérite d’aller à la poubelle avant même d’avoir passé le test de la première lecture.

Akakia


1 Comments:

Blogger Marc boucher
dit :

hé oui la démocratie ses quand sa fait leurs affaire un jours il n,y aura plus un crétin pour aller voter pour une gagne de trou du cu comme ca

5:47 p.m.  

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