mercredi, mars 10, 2010

Encore un à terre ! Dix à Zéro pour le Comité d'Urbanisme de Ville Saguenay...

La Bouquinerie Jacques-Cartier, l'avant-dernier jour de son existence, samedi le 6 mars 2010. Tout est en place pour la mise à mort. Photo Russel Bouchard.

Ce qui reste de la Bouquinerie Jacques-Cartier, le premier jour de son inexistence, le 10 mars 2010. Photo Russel Bouchard

Saguenay, la ville des parkings et des édifices en carton pâte, n’en manque pas une ! Cette semaine, 10 mars 2010, au palmarès des édifices historiques à démolir, il me faut prendre le temps de déplorer la perte de la « Filature du Saguenay », un autre morceau de notre patrimoine urbain éradiqué du panorama jusqu’à ses fondations, grâce à la totale inefficacité, en matière de préservation patrimoniale, de notre conseil de ville et de notre inénarrable Comité d’Urbanisme. S’il fallait faire disparaître, dans la même semaine, tous les édifices historiques soumis ad patres au pic du démolisseur depuis 1960, Chicoutimi ressemblerait à Dresde, après le bombardement de février 1945.

Bien sûr, les puristes du XVIIIe qui ont été blasés par le patrimoine de la vieille Europe, pourraient alléguer qu’un édifice construit en 1919 n’a rien pour stimuler l’émotion. Question de perspective dirions-nous. Quand on a vu, comme moi, partir une après l’autre, toutes les bâtisses qui portent un sens et qui nous ont vu grandir ; quand on voit partir, brique par brique, ce qui a construit notre imaginaire, il y a de quoi nourrir des regrets et se sentir franchement gênés face aux touristes qui ont fait le détour pour venir saluer les autochtones de la ville au nom mythique, CHICOUTIMI, lui aussi disparu du radar de l’histoire sous la houlette d’administrateurs ignares et inculturés.

La perte est d’autant plus grande, qu’une partie de cette ancienne usine abritait, depuis 1992, la Bouquinerie Jacques-Cartier, un joyau en la matière qui n’avait aucun pendant au Québec. Ce commerce consacré aux livres anciens, était une vraie mine d’or pour les bouquineurs. Il avait été monté de mains de maîtres par le couple Richard et Marlène Lamontagne, des amoureux des livres rares et anciens et du patrimoine en tous genres. Samedi et dimanche dernier, faute d’avoir eu l’appui de la ville, les propriétaires, le cœur brisé, ont dû déclarer forfaits après qu’une partie de la toiture se soit effondrée sous le poids de la neige, et procéder à une vente de liquidation à 1$ le livre, histoire de ne pas tout perdre dans les décombres.

Pour les amoureux de la petite histoire urbaine et pour que la mémoire puisse encore parler à ceux qui ont de l’âme, je prends le temps de préciser que la « Filature du Saguenay », sise au 362 rue Savard à Chicoutimi, a été fondée en 1919 par l’entrepreneur Pitre Riverin et l’ingénieur Édouard Lavoie. On y fabriquait des vêtements et des couvertures de laine pour le marché local et Montréalais. Comprenant une douzaine de métiers à tisser et une quarantaine d’employés, l’usine ferma ses portes en 1953, en raison de la concurrence. L’édifice fut ensuite vendu à l’entreprise « Les Déménagements Joron », qui l’occupa jusqu’en 1991, et passa finalement aux mains du couple Lamontagne qui y installa sa bouquinerie.

Avec la disparition de cet autre témoin de notre passé industriel, c’est un pan entier de l’histoire de Chicoutimi et de la région qui disparaît. Ne reste plus que la cathédrale, l’hôtel de ville, une église ou deux toutes de pierre sculptées, et quelques maisons septuagénaires pour ne pas perdre son chemin quand on traverse le cœur de la ville ! Ceux qui veulent prendre des photos, dépêchez-vous, au rythme où vont les choses il sera trop tard dans quinze ans…

Akakia


Les premiers clients de la vente de liquidation.

3 Comments:

Blogger Jean-Pierre Plourde
dit :

Bonjour Russel A.

Je vous fais une petite visite.

Merci de vous occuper de choses que d'autres ne voient pas.

Sur un autre sujet:

Le terme "autochtone" dans l'approche commune est contestable amplement.

De part la définition première de Larousse, autochtone signifie qui est d'origine du pays où il vit.

Par conséquent, tout individu né et vivant ici est un autochtone. Le Canada utilise le terme au sens figuré. Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet au niveau juridique et contester les représentants au nom de la vrai majorité autochtone du Québec.

Il aurait fallu parler des Amérindiens et non pas des autochtones.

Ne serait-il pas le temps de rétablir le sens de la terminologie.

Juridiquement, il y a de quoi discourir.

En espérant pouvoir être utile!

PS. Si l'on pouvait convaincre les Amérindiens que nous sommes tous frères et soeurs, que l'approche commune ne leur apportera pas le bonheur, mais ne fera qu'amplifier la tutelle fédérale, peut-être qu'entre nous on pourrait travailler main dans la main pour se bâtir un pays qui nous ressemble.

Ceux de chez nous, portent nos noms et parlent notre langue et souvent marient nos femmes.

à bientôt,


Jean-Pierre Plourde.
saglac@gmail.com
saglacweb.blogspot.com

4:12 p.m.  
Anonymous Cavour
dit :

Le blues de Tremblayville:

« Ce service réalise les analyses nécessaires et prépare les documents pour toutes les interventions du conseil sur l'aménagement du territoire :
■Planification (plan d'urbanisme, schéma d'aménagement) et mise en valeur du territoire;
■Aménagements municipaux;
■Protection du patrimoine;
■Réglementation d'urbanisme;
■Programmes gouvernementaux;
■Propriétés municipales.»

Source :

http://www.ville.saguenay.qc.ca/maville/Services+municipaux/servicesMunicipaux/urbanisme.htm?lang=fr#2

1:53 p.m.  
Anonymous Cavour
dit :

Encore le blues de Trembayville :

« Chaque année, la Ville de Saguenay encourage les activités théâtrales [???], les expositions, l'art public, le design urbain et la mise en valeur du patrimoine[???], a déclaré le ministre Moore. Je tiens à féliciter la municipalité de Saguenay d'avoir remporté ce prix prestigieux qui permettra à ses artistes de faire connaître leur talent et leur créativité. La vitalité de Saguenay est une source d'inspiration pour toutes les collectivités canadiennes[Est-ce possible?].»

Source :
http://www.canadianheritage.gc.ca/pc-ch/minstr/moore/cdm-mc/index-fra.cfm?action=doc&DocIDCd=CJM091209

2:21 p.m.  

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