mercredi, juin 06, 2007

Prix d'État décerné à Soljenitsyne – Ce que l'historien pensait de Montréal et du Canada était pour le moins prémonitoire...

Le président russe, Vladimir Poutine, vient de décerner à Alexandre Soljenitsyne, l'ancien dissident soviétique, le prestigieux Prix d'État pour « accomplissements exceptionnels dans le domaine humaniste ».

Ce prix, l'auteur de L'Archipel du Goulag ne l'a pas volé ! L'historien-fétiche du XXe siècle rugissant mérite mieux que quiconque cet hommage qui rejaillit, comme il se doit, de toute évidence, sur la compagne de sa vie, sur sa famille, sur son oeuvre et, hélas ! sur les manipulateurs de peuples qui lui offrent cette récompense ultime avant de faire le grand saut dans sa propre histoire. Un être d'une formidable puissance qui témoigne, par son propre parcours de vie et d'auteur engagé, de l'impossibilité de dissocier l'histoire de la politique. S'il faut avoir un modèle dans l'apprentissage de cet art qu'est l'histoire, je veux bien que ce soit lui. Le simple parcours de cet homme plus grand que nature, banni de son pays pour lui avoir voulu sa libération, mérite l'éloge de la planète toute entière. En tant qu'historien héritier de son message, j'aurai eu cette chance d'avoir été son contemporain.

À travers son oeuvre, l'écrivain, aujourd'hui malade et âgé de 88 ans, a révélé au monde la réalité du système concentrationnaire soviétique. «Toute sa vie, tient à témoigner Mme Soljenitsyne, Alexandre Issaïevitch a étudié l'histoire démentielle de la Russie du XXe siècle qui a engendré la révolution autodestructrice et rendu possible l'existence de L'Archipel du Goulag ». Du sang de martyrs dans les mains d'un pays qui en était déjà souillé pour la peine. Une histoire qui se répète sans cesse et qui semble vouloir plutôt s'étendre à l'ensemble planétaire au lieu de se résorber comme une vieille plaie.


Trudeau, Montréal et le Canada

Parenthèse. Si Soljenitsyne a su se faire très critique sur la Russie et sur les dérigeants de ce pays dont il ne s'est pas privé du reste de qualifier de « bandits », disons qu'il n'a guère été plus tendre envers le Canada, Montréal et Pierre Elliot Trudeau dont il trouva les contacts... « parfaitement inutiles » et le personnage totalement... « insignifiant » ! De quoi faire plaisir à bien des Québécois qui n'ont pas aimé et qui disent se souvenir. Quand on lit ce qu'il a écrit sur Nous, on se surprend d'abord, et on comprend vite pourquoi les journaux du pays, d'une mer à l'autre, n'ont pas pris le temps d'en faire la lecture à défaut de le porter aux nues. Lisons plutôt l'expression singulière de ses humanités :

« Ce que j'aperçus en premier fut Montréal et, vue du haut des airs, la ville me parut horrible, impossible d'imaginer plus affreux. Cette rencontre ne promettait rien au coeur. (Et les jours suivants, où j'y errai au hasard, confirmèrent cette impression.) Le monstrueux pont Jacques-Cartier, de métal vert, tout tremblant de trafic automobile sur ses huit voies, sous lequel j'aurais dû passer si j'étais arrivé en bateau ; et, tout de suite après, j'aurais vu les fumées sans joie de la brasserie avec son toit où flottent des drapeaux ; et l'alignement des quais industriels en béton à ce point inhumains que, dans une île du fleuve, les restes d'un vieux bâtiment mi-caserne mi-prison vous réjouissent l'oeil comme quelque chose de vivant. Puis, plus au coeur de la ville, la tour noire de la radio canadienne suivie du groupe absurde et serré des gratte-ciel en forme de boîtes plantés au milieu d'immenses espaces urbains. Montréal aspirait à imiter les « mégalopoles » d'Amérique, mais sans en être capable. »
[...]
« Avant tout, en fait, le Canada ne ressemble pas du tout à la Russie : c'est un continent sauvage, peu peuplé, exposé au souffle des golfes boréaux, couvert de granit, si bien que, pour y tracer des routes, on n'arrête pas d'y forer des excavations. Les forêts ? On se les représentait luxuriantes, prospères, peuplées d'arbres aux troncs épais ; elle se révélèrent (dans l'Ontario, la seule province où j'avais l'intention de me fixer) rabougries, rien n'y retenait le regard, une sorte d'isthme de Carélie : durant de nombreuses années, on en a avec rapacité arraché chaque tronc un tant soit peu épais, des tracteurs l'ont extirpé de chaque fourré et on y a laissé qu'une insignifiante et malsaine population d'arbustes aux troncs chétifs. Si de belles essences d'arbres poussent sur un terrain, on veille à ce que ce soit spécialement indiqué dans le prospectus. (Plus tard, des fenêtres du train, j'ai regardé les steppes canadiennes, mais ce n'est qu'une steppe égale à perte de vue, impossible de se croire en Ukraine qui l'emporte largement par le pittoresque de ses fermes). Si seulement il y avait au moins des villes convenables ! mais le Canada est aussi à la traîne en ce domaine, et les villes y semblent envahies par la paresse intellectuelle : par contre, on voit des hippies abrutis, costauds, gras de lard : sur ce point, le Canada n'est pas à la remorque du monde civilisé, ils se chauffent au soleil sur les gazons, se vautrent dans des fauteuils dans les rues en plein pendant les journées de travail, bavardent, fument, sommeillent. [...]

Le Canada se révélait non pas simplement septentrional, mais, pour ainsi dire, oublieux de soi-même et endormi.[...]

Commencer par poser des voies ferrées toujours plus loin pour s'en désintéresser ensuite, voilà bien la manière jeune, vorace, rapace du continent américain : happer le fruit nouveau, mordre dedans, le jeter pour saisir le suivant... »


Et le tout est puissamment signé Alexandre Soljenitsyne, « Le grain tombé entre les meules », Fayard, 1998, pp. 241-247). Voilà qui aurait dû nous faire sursauter et réagir. Ce livre prémonitoire a été publié voilà dix ans. Et, aujourd'hui, rien n'a changé réellement dans la manière de faire ce pays et on ne peut que se désoler davantage à le voir aller nulle part...

AKAKIA

21 Comments:

Blogger Ishtar
dit :

Chère Russel-Aurore,

Quel regard sombre cet historien hors du commun porte à notre pays, voire même au continent entier! Difficile de ne pas voir une certaine analogie avec un projet de peuple... Un pays qui se cherche, mais qui n'en a même pas conscience je dirais. Je n'ai pas lu ce livre. J'ai les 3 tomes (une somme) de l'Archipel du goulag dans ma bibliothèque mais cette visite qu'il a faite au Canada m'a échappé.

Il est vrai que notre pays avait de quoi dérouter cet Européen de l'Est, même si son pays était loin d'être un modèle de perfection sociale et démocratique où l'on a bafoué les droits les plus fondamentaux pour la cause commune (communisme), mais nous ne pouvions pas à l'instar de notre voisin du Sud faire marche arrière.

La révolution industrielle amorcée en Angleterre et l'exploration de nouveaux territoires pour justement établir des immigrants européens qui, malgré leurs belles pierres, leurs cathédrales qui ont pris des siècles à bâtir, l'Art et les Grands Maîtres, leur littérature, leur culture, malgré tout ça, les premiers immigrants sont venus ici parce qu'il y ont étouffé, y ont connu mille famines, l'inquisition, la peste, l'obscurantisme, les guerres de cent ans, les guerres des deux roses, les guerres de religion et tutti quanti, les échafauds et les guillotines, les révolutions, les guerres mondiales et des fascismes et nationalismes outranciers et racistes.

Ils avaient surtout la volonté que leurs descendants échapent à tout ça. C'est pourquoi ils n'ont pas hésité à braver les océans pour se libérer de ces héritages... et sont venus planter leurs tentes et leur cabanes de rondins dans cette Amérique si laide et si plate et si hostile pour y élever leurs progénitures...

Les climats extrêmes de nos quatre saisons, les découvertes et l'industrialisation nous ont faits différents des Européens de l'Ouest ou de l'Est. Mais leur passé est le passé des ancêtres de nos ancêtres.

Soljenitsyne n'a pas compris que nous avons dû nous adapter à la vitesse grand V à notre territoire...que nous avons dû nous hâter de le conquérir, de l'explorer et de l'habiter et de l'exploiter.

Dans les mêmes circonstances, il aurait fait pareil. Si certains lui sont apparus rustres, gras, incultes, c'est que cette période est une période de transition. Je suis certaine que l'Amérique et le Canada n'ont pas dit leur dernier mot. S'il venait faire un tour dans les régions du Québec, et même dans certaines régions des autres provinces et en-dehors des grandes villes américaines, il découvrirait une autre Amérique... Une Amérique bien plus attachée à ses racines qu'il le croit, une Amérique bien plus européenne que certaines villes d'Europe qui s'américanisent trop rapidement, et ont des McDonald à tous les coins de rue... et même en Russie.

7:42 a.m.  
Anonymous Richard Harvey
dit :

Les titres sont trop longs. On ne peut pas lire l'auteur ni le début du commentaire que je trouve incidemment très pertinent. Soljenetsyne avait bien perçu les séquelles de l'oeuvre des bâtisseurs puissants qui suçent le sang de l'Amérique entière depuis la révolution industrielle, voire même depuis la conquête, mais il n'en avait vu ni senti l'âme.

Ceci dit humblement, sans rien enlevé à la grandeur de l'oeuvre de ce grand humaniste.

9:36 a.m.  
Anonymous Marie Mance Vallée
dit :

Je me souviens très bien de ce jugement arbitraire de Soljenitsyne à la suite de son séjour au Canada et au Québec. Il m'avait déplu et l'homme assez déçu.

Ma réflexion à l'époque avait été la suivante : comment un homme qui avait attiré la sympathie de tous à une certaine époque et qui cherche un pays pour s'exiler peut-il tenir un tel langage? Un tel mépris et une méconnaissance de l'Histoire canadienne et de l'Histoire québécoise.

Il avait porté un jugement de valeur sur ce qu'il ne connaissait pas. L'Ouest canadien n'a pas 200 ans à ma connaissance et le Québec, que 400 d'Histoire. C'est bien peu sur l'échelle des civilisations. Alors...

Si vous lisez le livre sur la Russie d'Hélène Carrère d'Encausse vous constaterez que l'Histoire de ce pays en est un de meurtres, d'assassinat, de prévarication, de népotisme et ce, sous tous les régimes. Un peuple, à mon avis, totalement aliéné depuis maintenant deux millénaires. L'Histoire de la Russie n'a pas débuté avec Pierre Le Grand, à ce que je sache. Et le Régime soviétique n'aura pas amélioré ce peuple qui, j'en suis convaincue est aliéné.

Pour en revenir à Soljenitsyne, il m'avait fait la démonstration de sa propre aliénation, hélas!

10:36 a.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

J'avais eu cette même impression et je me souviens que cela m'avait si royalement choqué que j'avais été incapable de finir son bouquin « Le grain tombé entre les deux meules ». Dépité, j'avais alors écrit au crayon de plomb, page 172 : « Grand personnage, grande histoire, grande oeuvre, grande vie, dans le sens de laborieuse. Mais Grand Dieu quelle morosité ! Engagé dans une fuite dorée, adulé et chouchouté, on le dirait toujours en prison. Il avait alors 55 ans lorsqu'il fit ce voyage. Comme moi aujourd'hui ». R.B. 2004.

Aujourd'hui, je suis plus nuancé. Plus nuancé, car je crois que ce qui m'avait déplu c'était cette réalité que je ne voulais pas encore admettre et que je me dois de considérer aujourd'hui, quand je vois ce qui reste de Montréal et ce que le Canada a fait de lui-même.

Déplaisant il l'avait alors été, mais il voyait avec des yeux d'un autre monde qui savait voir autre chose que ce dont le quotidien nous avait habitué.

Russel-A. Bouchard

10:54 a.m.  
Anonymous Esther Gravel alias Ishtar
dit :

Mais Russel-A, je suis d'accord que c'est un grand homme ayant souffert la réclusion et le bagne forcé dans l'endroit le plus hostile au monde à cette époque (la Sibérie) et qu'il en a tiré pour sa survie un chef-d'oeuvre... Mais à l'époque de son voyage et son survol je dois dire du Canada... il nous a jugés du haut des airs...

Est-ce que nous jugeons les Français d'après la Tour Eiffel, ce monstre d'acier uniquement? Est-ce que nous jugeons l'Europe uniquement par Hitler? Je l'avais mis sur un piedestal, je me rends compte aujourd'hui, qu'il n'est qu'un humain comme nous tous... influençable et fragile au jugement à vue de nez.

Il a jugé de notre âme par les apparences. En cela il prouve qu'il n'est pas un humain au-dessus des autres, malgré toute l'admiration que j'ai pour lui en tant que victime de la folie totalitaire. Perdre sa liberté pour avoir simplement dit de Staline qu'il n'agissait pas bien, n'a jamais mérité une punition aussi grave. Soljenitsyne lui, a dû le vivre et en souffrir. Au péril de sa vie, il en a gardé toutes les minutes dans ses cahiers secrets, pour que la postérité sache...

Cependant quand on lit l'Archipel du goulag, on découvre le grand homme qui a sû tirer du ventre du Totalitarisme, et même de la monstruosité qui a suivi la déstalinisation qu'on appelle l'exploitation de l'Homme par l'Homme, cette grande leçon de survie, de courage et de foi en l'avenir, où même son sens particulier d,humour l'a bien servi.

Après, je crois qu'il a succombé à cette bonne vieille manie de l'Homme, qu'on appelle l'orgueil. Mais qui peut lui lancer la première pierre? Ne le sommes-nous pas tous un peu à divers degrés à l'occasion? Ce qui est très humain en fait...

11:32 a.m.  
Anonymous Marie Mance Vallée
dit :

Cher Russel,

Je sais ce que vous vouliez dire au sujet des prémonitions de Soljenitsyne. Un homme de sa stature intellectuelle aurait dû décoder autrement ce qu'il y voyait.

Nous savons bien que le Canada est encore un pays en phase de colonisation et qui se cherche une personnalité. D'ailleurs pour ce faire, que ne nous a-t-il pas volé (feuille d'érable, castor, hymne national et j'en passe, qu'il arbore dans le monde entier). Une nation prédatrice, diraient certains.

Le Canada contrairement à ce que d'aucun pense, est un pays en voie de développement à l'échelle des civilisations. Quant au Québec et particulièrement Montréal, nous avions tout ce qu'il fallait, i.e. une base de 400 ans d'histoire, une architecture, une cuisine, une langue, pour y réaliser quelque chose de bien. Mais nos dirigeants ont manqué de courage et de vision. Ils ont préféré la nation civique...

Le Canada et le Québec sont des succursales des USA et des pays artificiels, à la remorque des Américains.

Et je continue de penser que Soljenitsyne a porté un jugement erroné et maladroit. Il n'a pas compris du tout ce qu'était le Canada. Il m'a fait penser à ces immigrants que nous recevons généreusement et qui se permettent de nous mépriser et de nous critiquer. Un homme comme lui aurait dû voir les choses autrement. Peut-être les a-t-il vues et qu'il s'est tu pour toutes sortes de raisons... Ce n'est pas pour me donner confiance..., croyez-moi.

11:34 a.m.  
Anonymous Russel-A. Bouchard
dit :

Je comprends votre frustration. La première moitié de son livre relève, encore une fois de l'excellence. Quand il cause des codes profonds d'une constitution, quand il cause du droit de parole et de la souffrancer humaine, difficile de trouver mieux.

Dans le seconde moitié, il perd pied peu à peu avec la réalité à laquelle nous nous confrontons aujourd'hui. Il n'est déjà plus de son temps. Il voit le reste du monde comme un lion qui a fui sa cage pour se retrouver dans une jungle qu'il ne connaît pas et dont les plus gros arbres, ceux qui se trouve à l'orée, obstruent sa vue. À la page 173, chapitre titré « Rapaces et benêts », j'écris ainsi en exhergue : « Chapitre oiseux, long et pénible. »

Et puis il y a son arrivée en Amérique qui commence par Trudau, Montréal et le Canada (p. 41) ; je suis furibard, je le trouve effectivement ingrat, mais il jette un regard tout de même très puissant sur nous, qu'on l'aime ou qu'on l'aime pas.

Et enfin, au chapitre titré « Aux Cinq-Ruisseaux , je décroche, mais pas sans avoir pris le temps d'écrire : « Le livre devient insupportable à lire. Pas de pensées profondes, que du rififi d'un auteur célèbre qui se prend à son propre jeu. Décidément, le meilleur de Soljenitsyne est dans ses lettres. »

J'arrête là ma découverte de ce livre qui compte 550 pages. Je suis dubitatif et un peu déçu de ce que je crois être une étincelle de vanité.

De tous les écrits dont je me suis repu, deux titres s'isolent admirablement du lot : « Lettre aux dirigeants de l'Union soviétique » (Seuil, 1974), et, « Le Cri », qui est son discours rédigé lors de l'attribution du Prix Nobel 1970. Ce dernier écrit traite de l'histoire, de l'art et de la quête de vérité. SUBLÎME !!!

Russel-A.

12:11 p.m.  
Anonymous Marie Mance Vallée
dit :

Russel,

Je manque sans doute d'objectivité et j'ai certainement des préjugés envers tout ce qui nous est venu de l'URSS pour vous l'avoir écrit à quelques reprises. Et Soljenitsyne est la représentation de l'image que j'ai et que j'ai encore de tous ces marxistes-léninistes à la manque tels Duceppe, Françoise David, P. Paquet et bien d'autres encore qui ont introduit au Québec ce que j'appelle le néosoviétisme. Tout le mouvement souverainiste en était imprégné sous couvert de social-démocratie. Tous ces gens se réclamaient à la fois du communisme et aussi de Soljenitsyne. Ils parlaient des deux côtés de la bouche. Allez savoir ce qu'ils pensaient réellement, mais les résultats sont assez probants : nous avons abouti à la nation civique. Et cela je ne peux l'oublier : vouloir faire disparaître les Canadiens français et les Métis dans une nation dont nous ne voulions pas. La plupart en sont revenus officiellement. Et n'allez pas croire que je suis une néolibérale à tout crin. Au contraire, je suis pour la liberté de pensée.

Pour moi, quand je vois Poutine même s'il a raison d'être inquiet dans son dossier actuel avec les Américains (ogives en Pologne), je fais un cauchemar parce que je sais le mal qui nous a été fait pendant ces années où l'on nous disait que le communisme réglerait tout. Et ce n'est pas une question de religion; c'est une question de philosophie plutôt.

Je déborde du sujet. Soljenitsyne aura-t-il été un grand homme? Un grand intellectuel? A-t-il vu les choses correctement au sujet du Canada? C'est bien Trudeau qui l'accompagnait ou qui l'a rencontré et s'il y a un coupable, c'est bien Trudeau. Je crois que des années de réclusion l'avaient atteint intellectuellement et avaient faussé son jugement. Je ne sais pas s'il passera à l'Histoire.

Ce n'est là que mon humble opinion.

1:35 p.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

Ma chère Marie-Mance,
Si votre opinion est « humble », comme vous le dites, elle n'en reste pas moins très forte de logique. Je comprends les yeux qui vous font voir l'homme ainsi. Vous avez le sentiment d'avoir été trahie à la fois par les vôtres et par votre temps ; les populations asservies par les soviétiques ont cette impression qui m'apparaît également très juste ; les Canadiens français et les Métis ont cette impression toute aussi justifiée ; j'ai cette impression.

Je n'ai rien à opposer de plus à votre émouvant argumentaire et à celui de ceux et celles qui nous accompagnent dans cette vivifiante discussion portant sur l'oeuvre de l'un des intellecuels du XXe siècle dont la puissance de l'engagement et de la réflexion a été enrichie justement par cette souffrance qui nous unit à quelque part dans la trahison et la déception.

Je respecte cela... Ce qui ne m'enmpêche pas d'apprécier pour autant l'impressionnante stature de Soljenitsyne en tant que dissident anti-sovietique —qui a lourdement payé son refus d'adhérer à l'inacceptable— et penseur de son époque. Ce qui est loin, très loin de ceux qui nous ont abusés par leurs faux discours, leurs prévarications et leurs petitesses lâchement dissimulées...

Russel

2:02 p.m.  
Blogger Ishtar
dit :

Je souris présentement, car il y a un vieux dicton qui me revient en mémoire. Ma grand-mère me disait, à moins que ce soit mes parents, que lorsque les oreilles nous silaient (acouphènes ou whatever qui nous énerve dans les oreilles) que c'était parce que quelqu'un parlait de nous.

Peut-être que M. Soljenitsyne a les oreilles qui silent présentement :-)... Oui je sais M. Soljenitsyne est rendu à un âge plus que vénérable et je sais que sa santé est chancelante, ce qui m'attriste bien sûr.

Je sais, un jour nous en serons là aussi, mais en attendant, si on en croit le dicton, ses oreilles lui en ont fait voir aujourd'hui :-)

3:04 p.m.  
Anonymous Zach Gebello
dit :

Soljenitsyne savait parfaitement ce qu'il disait.

Il savait parfaitement pourquoi le Canada était si pauvre culturellement et qu'est-ce qui le maintenait dans cette inculture.

Il savait très bien qui dirigait ce pays. Il savait que les maîtres étaient les mêmes que ceux qui l'avaient envoyé au Goulag.

Les mêmes.

Pendant tout son parcours littéraire, Soljenitsyne fit constamment l'objet d'accusations d'anti-sémitisme. Ce fut pourquoi il fut condamné au Goulag, car il avait découvert que les dirigeants de la révolution bolchévique et du pouvoir soviétique étaient en fait des juifs supportés par le pouvoir financier juif aux USA (Rothchilds). Et toujours d'anti-sémitisme l'orsqu'une fois sorti il publia les noms des administrateurs des goulags.
Et puis enfin son ouvrage historique Deux siècles ensemble sur les relations entre Juifs et Russes de 1795 à 1995.

Soljenitsyne avait tout compris le lien entre les juifs "communistes" (Lenin-Trotski) et Hitler. Le complot des déportations massives pour peupler le nouvel État d'Israel.

6:09 p.m.  
Anonymous Zach Gebello
dit :

" Deux siècles ensemble " Tome II de Alexandre Soljénynitsyne
D’INCROYABLES RÉVÉLATIONS. UN LIVRE SORTI EN SEPTEMBRE 2003 ET BOYCOTTÉ
Pourquoi l’ensemble des Médias a pratiquement occulté la sortie d’un ouvrage de 1200 pages ( Tome I et II) d’un prix Nobel grande conscience actuelle vivante

http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2187

9:03 p.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

Je ne connaissais pas. Merci de l'informationé.

Russel

7:13 a.m.  
Anonymous Zach Gebello
dit :

Les services du Réseau Voltaire ont été perturbés...

Dans le même temps, les administrateurs et les journalistes du Réseau Voltaire font face à une forte adversité : plusieurs d’entre eux se sont vu interdire l’accès aux États-Unis ou aux territoires occupés par Israël, leurs noms ont été inscrits sur des listes d’interdiction de vol des compagnies aériennes anglo-saxonnes ou sur des listes d’interdiction de transactions bancaires internationales. Certains ont été confrontés à de graves problèmes de sécurité.

http://www.voltairenet.org/article143787.html

12:51 p.m.  
Blogger Ishtar
dit :

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

9:15 p.m.  
Blogger Ishtar
dit :

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

8:37 a.m.  
Blogger Ishtar
dit :

pour remplacer le message précédent, dû à une petite erreur de syntaxe qui dénaturait le sens de ma pensée.

A propos de la question juive, ma culture s'arrête à Jean-Paul Sartre et son essai "Réflexions sur la question juive"... mais il y a si longtemps et le sionisme a fait du chemin tout comme l'antisémitisme. Faut pas se le cacher, les juifs sont puissants parce que les USA le sont et vice-versa. Quant à savoir si le lobby , c'est là que je me pose la question.

La menace islamiste est-elle réelle? Nos voisins du Sud croient que oui. Les conflits sponsorisés ou non par Israël au Moyen-Orient vont bien finir par manquer de fonds, car les guerres coûtent cher en vies et en dollars. Elles épuisent des budgets et les présidents qui doivent composer de plus en plus avec l'opinion publique. Et l’opinion générale est antisémite.

Anyway, bientôt ce sera la question chinoise qui s'imposera à l'Occident! Peut-être que l'ampleur de ce qui s'en vient fera paraître le lobby juif comme un grain de sable dans le rouage de l'Histoire.
Mais j'aime mieux potasser des livres de recettes, des romans, tricoter ou écrire des pièces de théâtre.
C'est tellement compliqué toutes ces histoires et d'une tristesse! Les magouillages qu'on ne sait pas ne nous font pas mal et on est en droit de se demander, si on savait, qu'est-ce que ça changerait si on est pas prêt à tuer et à écraser son prochain, son semblable?

10:59 a.m.  
Anonymous Zach Gebello
dit :

"Les magouillages qu'on ne sait pas ne nous font pas mal..."(Ishtar)

C'est terrible de dire une chose pareille, Ishtar. Celà équivaut à dire que devant une crime il est préférable de fermer les yeux.

"Les conflits sponsorisés ou non par Israël au Moyen-Orient vont bien finir par manquer de fonds, car les guerres coûtent cher en vies et en dollars. Elles épuisent des budgets et les présidents qui doivent composer de plus en plus avec l'opinion publique."(Ishtar)

Les fonds et les vies ne proviennent pas des USA et Israel, Ishtar. C'elle qui paye c'est l'Afrique.
Toutes les guerres en Afrique sont mennées pour financer la colonisation du Moyen-Orient.

Ce n'est pas un duo USA-Israel mais un trio UK-Israel-USA.

Manquer de fonds?
Le cartel sioniste du diamant (monopole)qui exploite toutes les réserves d'Afrique, rapporte à lui seul plus de 60 milliards$ sur le marché USA seulement et fini dans les coffres de la Rothchilds Bank of London (juifs sionistes).

Le monopole est bien implanté ici au Canada aussi. Et c'est au Québec qu'on taille les diamants qui nous dominent. Et ensuite viens le pétrole d'Afrique et tous les minéraux.

Fermer les yeux?

C'est sans doute çà que Soljenitsyne a vu au Canada avec ses yeux grands ouverts. Des yeux fermés partout.

1:33 p.m.  
Blogger Ishtar
dit :

Well, c'est sûr que je ne savais pas ces choses, c'est pourquoi je disais "les magouillages qu'on ne sait pas ne nous font pas mal" (dans sa logique la plus élémentaire).
J'escomptais un peu sur votre réaction ;-) pour dire vrai! Mais quand on les connaît, c'est différent. Vous avez entièrement raison, il faut réagir, dénoncer. Les risques sont énormes. Poursuites judiciaires, procès, et peut-être même pire. Je sais, j'ai trop vu de films.

Si on avait plus d'éclaireurs de consciences tels que vous, la planète se porterait mieux j'en suis certaine. Mais peut-être qu'on vous ferait taire, car ceux qui savent et proclamment dérangent.

On s'éloigne peut-être du sujet "Soljenitsyne", mais cette vaste saignée du sous-sol africain m'apparaît un peu comme le cartel de la drogue en Amérique du Sud... Est-ce que je me trompe?
C'est si grave toutes ces choses laides que font des humains pour dominer d'autres humains, que ça explique pourquoi il y en a comme moi, qui se trouvent dépassés et qui comme moi ont "la chienne" et préfèrent ne rien savoir...

Je sais c'est pas très admirable de parler ainsi, mais j'aime mieux faire de bonnes actions à petite échelle, en espérant que si plusieurs humains font aussi du bien, des petites bonnes actions, ça finira par rejaillir sur l'humanité entière.

Enfin, je suis une indécrottable optimiste:-) Je vous admire de dénoncer ces crimes, tout comme j'admire ceux qui prennent la parole pour informer le commun des mortels dont je suis!

Que ce soit pour la cause des Métis ou pour toutes les causes où on opprime et cause des injustices et des préjudices, et qu'on bafoue les droits de minorités et de peuples fondateurs je trouve qu'il faut des gens comme vous qui sont éclaireurs et qui parlent fort en usant de tous les outils démocratiques que notre système fédéral nous permet d'user.

4:19 p.m.  
Blogger Ishtar
dit :

Et les injustices se poursuivent. Hier à Radio-Canada on apprenait ce que met ici en citation d'un site web

"Connu pour avoir accueilli le projet de mine de nickel de INCO des années soixante jusqu’à la moitié des années quatre-vingt, El Estor, au Guatemala, est de retour sur la scène médiatique.

Il y a trois ans, Skye Resources, une compagnie minière canadienne basée à Vancouver, a racheté des concessions en promettant le développement économique de la région grâce à la création d’emplois locaux. Pourtant, sur le terrain, la compagnie se livre à des expulsions violentes par vagues successives.

Dans le village surpeuplé de Chichipate, situé à l’ouest d’El Estor, les habitants vivaient depuis plusieurs années sur des lots de terre chacun occupé par au moins cinq familles. À la mi-septembre 2006, 400 familles divisées en six groupes se sont installées sur les terres appartenant à la filière guatémaltèque de Skye Resources, la Compania Guatemalteca de Niquel (CGN).
La grande majorité des gens ayant pris part à ce que certains ont nommé « l’invasion des terres » sont des paysans Maya Q’eqchi. Leur désir principal est d’avoir assez de terre pour subvenir aux besoins de leur famille avec une agriculture de subsistance..." à suivre...

J'en suis tombée en bas de ma chaise et j'ai perdu mes illusions définitivement...

Bref, les compagnies minières canadiennes, le Canada et les Canadiens dont nous sommes sont aussi coupables en matière d'exploitation des plus faibles et de génocides culturels et ethniques.

Que nous consommions du nickel ou des diamants venant d'Afrique ou whatever bien de consommation, nous cautionnons cela, car les compagnies produisent ce que nous leur demandons... pour nos maisons, nos automobiles, nos biens de luxe.

Que faut-il faire Zach, Russel-A ou Richard, si vous me permettez que je vous pose la question, pour mettre enfin la justice sur Terre, pour qu'enfin on respecte les peuples, les cultures, voire même plus philosophiquement les individus?

7:41 a.m.  
Anonymous Zach Gebello
dit :

Ce qui est grave c'est que Radio-Canada dénonce cette entreprise canadienne et non les entreprises d'Afrique du Sud appartenant à l'Angleterre et le cartel juif!

Ce ressemble plus à une attaque interne (Radio-Canada) contre une entreprise de Vancouver qui cherche à se faire une place sur le marché sud-américain. Le cartel anglo-juif minier est dans le processus de s'accaparer ce marché que les USA dominent.

Le patron de Radio-Canada est Rabinovitch, un juif sioniste notoire lié au scandale des commandites et au lobby juif-sioniste international.

Le nikel et le diamant sont différent. Le diamant ne vaut rien. Sa valeur est fictive. Elle ne dépend que de la rareté artificielle entretenue par le cartel qui achette le stock mondial de diamants bruts pour l'entreposer.

La meilleure façon de les combattre est de ne plus achetter de diamants.

"...car les compagnies produisent ce que nous leur demandons... pour nos maisons, nos automobiles, nos biens de luxe."(Ishtar)

Non. Personne n'a demandé des diamants. La tradition d'offrir un diamant en demande de mariage a été inculquée par de puissantes campagnes publicitaires par De Beers (cartel juif) aux USA et au Japon avec l'appui de Hollywood. Tous les films des années 40-50-60 contiennent des "commerciaux" implantés dans les scénarios et payés par De Beers. Même des films au complet sont des publicités pour influencer le désir et la fausse valeur du diamant(Diamonds are a girls best friend) etc...

Les diamants ne sont pas le symbole de l'amour, mais de la guerre, du sang, et de la destruction de l'environnement par des mines gigantesques creusant les terres arrables pour des pierres qui n'ont aucune valeur.

Le diamant se produit synthétiquement depuis 1958!

9:45 p.m.  

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