lundi, février 06, 2006

L'anthropologue Claude Lévi-Strauss et le racisme... culturel (sic !)

Commentant les propos de l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, la chroniqueuse Catherine Clément écrit (in «Magazine littéraire», Hors-série no 5, 4e trimestre 2003, p. 17) : « Un pas plus loin. Un pas choquant, qui offense encore le catéchisme. Il est normal que les membres d’une communauté se placent au-dessus des autres, et les méprisent : sans quoi les valeurs culturelles s’effondrent. Les peuples dits « primitifs », voire, ce qui est pire, « les vrais », « les bons », « les excellents », voire ce qui est pire, « les hommes », alors que tous les autres sont « singes de terre » ou « oeufs de pou ». Racisme ? Non dit Lévi-Strauss. Protection est distance nécessaire. À vouloir tout réunir, on aseptisera tout. C’est ainsi que disparaissent les petits groupes dont il appelle de ses voeux la survivance, la résurrection et la protection : pour que les cultures existent dans leur diversité, il faut ne pas vouloir les unifier, et laisser entre elles cette bonne distance si difficile à préserver. Gardons, nous dit-il, le terme de racisme pour la doctrine qui confond culture et patrimoine génétique. De cette doctrine, il fait table rase. Mais il exige en contrepartie la protection des petits groupes et de leurs trésors menacés. » (C. Lévi-Strauss, « Lévi-Strauss, l’ethnologie ou la passion des autres »).

Bien dit et fondamentalement vrai. Mais quelqu’un, un Parisien comme lui, par exemple, qui observe des groupements ethno-culturels de l’extérieur à ceux-ci, comme des rats de laboratoire, peut se permettre cette appréciation. Sa culture, à lui, n’est pas menacée. Mais quelqu’un qui vit cette menace, qui vit le drame de sa propre disparition en tant que membre d’une culture, par rapport à une autre —les Métis et les Canadiens français du Saguenay–Lac-Saint-Jean, par exemple, contre les Ilnutsh qui profitent d'une faveur politique outrancière par les temps qui courent— ne le peut radicalement pas. Ce serait contribuer à leur propre mort culturelle. Et c'est ce qui est en train de nous arriver...

Akakia

7 Comments:

Anonymous Anonyme
dit :

Claude Levi-Strauss est une bonne pointure,mais faut-il vraiment prendre ce qu'il dit pour la vérité, du bonbon pour certain, mais épineuse pour d'autre, car
il dit bien«pour que les cultures existent dans leur diversité, il faut ne pas vouloir les unifier, et laisser entre elles cette bonne distance si difficile à préserver» est ce vraiment le désir des
peuples que de vivre fermé sur le monde? Est ce que sa veut dire qu'on ne peut vivre en harmonie avec d'autre nation dans son propre pays?
Le choc des cultures est un dossier complexe, car comment consideriez-vous un humain, s'il aurait été élévé dans la culture mohawk, par exemple, et que ces vrai racines soyent purement françaises? Comment le consideriez-vous, s'ils se dirait Mohawk? car c'est cette culture qui aurait forgé son esprit.
Est-ce un Mohawk Français,un Métis,un Mohawk,un Français, toutes ces réponses,un simple un "noname" ou devra t-il se procurer un papier qui lui dit qui est qui? Est-ce vraiment sur cela
que l'humanité
devrait se baser pour vivre?

Voilà des questions qui devrait faire réfléchir, si je ne me trompe pas.

Pour conclure, je ne me fais défenseur d'aucun parti, je questionne tout simplement. Merci. Salut! Vélik

3:25 p.m.  
Anonymous Vélik
dit :

Claude Levi-Strauss est une bonne pointure,mais faut-il vraiment prendre ce qu'il dit pour la vérité, du bonbon pour certain, mais épineuse pour d'autre, car
il dit bien«pour que les cultures existent dans leur diversité, il faut ne pas vouloir les unifier, et laisser entre elles cette bonne distance si difficile à préserver» est ce vraiment le désir des
peuples que de vivre fermé sur le monde? Est ce que sa veut dire qu'on ne peut vivre en harmonie avec d'autre nation dans son propre pays?
Le choc des cultures est un dossier complexe, car comment consideriez-vous un humain, s'il aurait été élévé dans la culture mohawk, par exemple, et que ces vrai racines soyent purement françaises? Comment le consideriez-vous, s'ils se dirait Mohawk? car c'est cette culture qui aurait forgé son esprit.
Est-ce un Mohawk Français,un Métis,un Mohawk,un Français, toutes ces réponses,un simple un "noname" ou devra t-il se procurer un papier qui lui dit qui est qui? Est-ce vraiment sur cela
que l'humanité
devrait se baser pour vivre?

Voilà des questions qui devrait faire réfléchir, si je ne me trompe pas.

Pour conclure, je ne me fais défenseur d'aucun parti, je questionne tout simplement. Merci. Salut! Vélik

3:53 p.m.  
Anonymous Vélik
dit :

Désolé, je croyais qu'il n'avait pas rentré dans "commentaire".

3:54 p.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

En effet, il y a là une contradiction fondamentale qui nous rappelle que le monde des historiens et des anthropologues en sont imprégnés. Rien n'est absolu, et l'idée qui nous semble bonne un jour, en contredit une meilleure le lendemain.

Akakia

7:41 p.m.  
Blogger Georges B. Tremblay
dit :

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blogue.

9:21 a.m.  
Blogger Georges B. Tremblay
dit :

Je ne suis pas d'accord avec Levi-Strauss.
Je crois qu'il faut encourager l'unification des cultures. Ce n'est pas par une distance qu'on conserve une culture, mais par le maintient constant de son histoire dans la mémoire du peuple.
Les cultures ne sont pas plus immuables que tout le reste de l'univers. Mais elles ont et font leur histoire et c'est c'elle-ci qui doit être conservée, mise à jour, et enseignée.
C'est l'échec de cette tâche primordiale pour une nation, même retirée du monde, qui la met en danger d'extinction.
Les cultures doivent évoluer, se transformer, mais sans un regard sur le chemin parcouru ce processus de maturation de la culture pourrait plutôt la transformer en proie facile à l'assimilation.
Les cultures n'existent pas dans la diversité. Elles se diversifient par leur dynamisme. La culture se meurt si on l'enferme dans un livre posé sur les tablettes d'une bibliothèque, croyant la conserver ainsi.

L'histoire doit être vivante, pour garder les cultures vivantes. Et non pas immuables comme des épitaphes dans la pierre.

9:26 a.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

Parfaitement ! La culture, c'est comme la langue, quand ça ne bouge plus c'est que c'est mort, c'est le folklore qui en est la pierre tombale...

6:20 p.m.  

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