jeudi, février 16, 2006

Abou Ghraib et Guantanamo, la honte de notre civilisation et un crime contre l'Humanité !

Ce matin, j'aurais mille et un sujets de réflexion à vous suggérer, tous plus passionnants les uns que les autres. J'aurais plus spécifiquement aimé vous causer de la nomination officieuse de M. Yves Fortier, ex-ambassadeur canadien à l'ONU, comme négociateur en chef pour le gouvernement du Québec dans le dossier de l'Approche commune ; que dis-je, il aurait été bigrement pertinent de vous causer de la réplique musclée dégobinée par l'industrie forestière —via les servilités du journal « Le Quotidien » qui est le journal de l'UQAC, l'un et l'autre les tapis des multinationales qui nous pillent sans vergogne— eu égard au dernier coup de hache du poète Richard Desjardins. Certes, ces sujets de l'heure sont d'une importance capitale pour nous, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais ils m'apparaissent d'une importance sans commune mesure avec le scandale des tortures perpétrées à répétition dans les prisons militaires d'Abou Ghraib, en Irak, et de Guantanamo, sur l'Île de Cuba.

Lorsqu'on découvre, jour après jour, l'ampleur insoutenable des tortures infligées par les troupes américaines et le Pentagone —« au nom de la Liberté » (de qui ?!)— dans des endroits qu'ils écrasent de leurs bottes crottées, on comprend finalement que l'Humanité est encore beaucoup plus un projet qu'une réalité. Pardonnez mon coeur sensible à cette sorte de chose qui n'appartient qu'au genre humain (la torture, l'insoutenable torture, cette dépravation de la civilisation), mais à voir, ce matin, les photographies de prisonniers irakiens humiliés, torturés, souillés, il m'est absolument impossible de me dégager de ces images d'atrocités sans vous exprimer tout mon dégoût de ces gestes et mon total mépris envers ceux qui les pratiquent.

Dans un rapport accablant qui vient tout juste d'être publié, un comité d'experts de la Commission des droits de l'homme de l'ONU conclue que le gouvernement américain doit fermer le cachot de Guantanamo dans les plus brefs délais. Des 520 prisonniers qui s'y retrouvent enferrés du cou aux pieds, depuis le va-en-guerre américain de 2001, il a été établi que seulement 17 d'entre eux ont été officiellement accusés d'un crime quelconque, alors que les autres y croupissent dans le pire des isolements, sans avoir de charges précises portées contre eux, sans avoir droit à un avocat, et sans aucun recours contre leurs bourreaux qui se moquent du monde, qui n'ont de la justice, de la fraternité et de la liberté qu'une bien piètre idée puisqu'ils en sont les entraves.

Ces agissements perpétrés par les maîtres du monde qui bafouent leur propre Constitution par le biais de leurs chefs, sont une injure à l'oeuvre de la Création elle-même. C'est la loi du lion et des chèvres qui se perpétue, la loi de la brutalité humaine sur la raison de l'humanité. Quand on est incapable de dominer par la raison, on use de la force si on est le plus fort ; et on a beau plaider à la face de l'Univers qu'on saura utiliser ce pouvoir des dieux avec humanité et modération, cela n'est qu'une figure de style, qu'une manière de désarmer les consciences ! Car l'usage de la force ne sera jamais rien d'autre qu'une contrainte de l'autre afin de le soumettre à la brutalité de sa loi.

Akakia
16 février 2006

9 Comments:

Anonymous Serge Desbiens
dit :

Bonjour Russell,

Il m'a fait extrêmement plaisir de te relire dans le cadre de ton Blog. J'ai lu la majorité de tes textes sur ce dernier et je n'ai pas eu de difficultés à reconnaître ta franchise proverbiale. J'ai ajouté ton site à mes favoris et je me ferai une joie de partager la majorité de tes idées et de continuer à te suivre à travers tes écrits.

Amitiés,

Serge Desbiens
Jonquière

11:36 a.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

Bonjour Serge,
Merci de votre commentaire. Ce sujet est d'une importance capitale. Des gens souffrent et je suis d'avis que chacun de nous, à notre manière, devons faire l'IMPOSSIBLE pour que cette torture démentielle cesse. Des gens souffrent, cela me fait mal, et notre devoir est d'utiliser les cordes légales que nous avons individuellement pour les tirer de cette inacceptable souffrance.

Je suis bien content de vous entendre dire que vous aimez mon blog, mais donnez-moi aussi votre avis sur les prisons américaines en sol étranger. Sachons joindre l'utile à l'agréable...

11:51 a.m.  
Anonymous Anonyme
dit :

Et bien moi je vous le donne mon avis M. Bouchard...

Je pense sincèrement que pour le moment nous n'avons aucun contrôle sur ces aberrations.

S'ils ferment Guantanamo, les prisonniers seront relocalisés dans des pays qui ne demandent pas mieux que d'aider le gouvernement américain.

C'est le fric qui contrôle tout (et surtout les médias d'information), qui est le seul responsable.

Suis-je trop défaitiste ?

Guy Vandal

3:34 p.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

Là où il y a un problème, mais alors là un problème majeur qui bafoue autant l'ethique que la logique, c'est que les Américains tiennent des prisons ailleurs que dans leur pays, ce qui est un premier non sens ; et ils le font pour éviter de se soumettre à leur propre constitution, qui est un des plus beaux documents que l'humanité a pu produire au chapitre de la justice, de la liberté et de la fraternité. En agissant ainsi, et parce qu'ils détiennent la force militaire suffisante pour faire éclater la planète, les Américains démontrent qu'ils se placent au-dessus de toutes les lois et de toutes les constitutions des pays, et nous font comprendre que plus personne n'est à l'abri de leurs humeurs.

Si je n'accepte pas que des intégristes musulmans tentent d'influencer ma manière d'agir et d'écrire par les menaces et par la peur, je n'accepte pas plus que les Américains s'y appliquent par les mêmes moyens et par des méthodes qui sont, elles, d'une redoutable efficacité. Je suis également d'avis qu'on ne corrige pas une injustice par une autre injustice, et qu'il faut résister à la tentation de faire subir aux autres ce qu'on leur reproche de nous avoir fait subir.

Qui a raison qui a tort dans ce délire ? Question difficile à répondre parqu'elle relève de la moralité et des intérêts de chacun. Mais, qu'ils aient tort ou raison, il n'empêche que ces gens sont emprisonnés, torturés et tués par une force occupante qui n'a que la vertu des canons à leur imposer. Cette question pose celle de la moralité de la force et de l'injustice imposée par une puissante conquérante, et je n'accepte pas !

4:12 p.m.  
Anonymous Marie Mance Vallée
dit :

«L'Homme est la Bête la plus dangereuse de la Création». Il s'y connaît en barbarie et en cruauté et cela, sous tous les cieux, depuis la nuit des temps.

Et les progressistes dont se réclament beaucoup d'amerloches et autres occidentaux et extrêmes-occidentaux, dont les Canadiens et les Québécois, croient béatement que l'Humanité a avancé. Elle a avancé au point de vue technique seulement ce qui lui permet de raffiner sa barbarie; moins de sang. Qu'on ne l'oublie pas.

Quant à notre incapacité devant cette puissance américaine, elle est gérée par la peur et la lâcheté. Les américains savent fort bien, comme les fédéraux avec les Québécois, que les pays dits alliés s'écraseront. À peine avons-nous entendu des réactions sérieuses à la mesure de ces crimes. Je dirais que c'est presque le silence. Je trouve cela inquiétant.

Et pour délirer quelque peu, je croirais que les amerloches instrumenteront ces barbaries à des fins guerrières contre l'Iran. Ils n'attendent qu'une occasion pour procéder.

M. Bouchard, vous parlez de «moralité de chacun» dans votre commentaire. Je ne suis pas certaine que les nouvelles générations sachent très bien ce qu'est la morale élémentaire. Qui l'enseigne pour suppléer aux parents absents, si ce n'est la télé, les bandes dessinées, le cinéma américain et, au Canada, la Cour suprême et son nouveau clergé qui nous livre depuis des années ses encycliques sur les valeurs canadiennes.

Et pour terminer, quand avez-vous entendu le PQ et le BQ dénoncer les encycliques de la Cour suprême du Canada si honnie?

8:45 a.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

La Cour suprême du Canada, qu'on présente comme la gardienne des valeurs fondamentales du pays, est le suprême pouvoir au-dessus de nos têtes. Sa puissance est-elle, qu'elle a, au nom de la Justice et des droits fondamentaux, la capacité et le pouvoir d'interpréter et la Charte des droits et la Constitution ; ce qui revient à dire qu'elle corrige la morale et réécrit la Loi de ce pays par le processus de la jurisprudence. C'est inoui comme pouvoir !

Imaginez maintenant quand un pays se forme, et que l'édiction des règles de base (on ne parle pas encore de lois) destinées à le policer est laissée à l'arbitraire de quelques-uns ! C'est comme ça qu'on construit les murs d'un goulag et qu'on enferre un peuple. Et cela, les hâbleurs du PQ et du BQ en sont très très conscients...

Akakia

10:13 a.m.  
Anonymous Anonyme
dit :

Il existe plusieurs autres centres secrets de torture exploités par les américains et leur coalition, probablement pire qu'Abou Ghraib . La base de Diego Garcia serait du nombe.


"DROITS HUMAINS - 24/05/2004

La base de Diego Garcia est-elle devenue un centre de tortures ?

L’hebdomadaire britannique Sunday Express, se fondant sur des déclarations d’agents de la Central investigation agency (CIA) américaine, affirme en substance que la base américaine de Diego Garcia, est devenue un centre de tortures d’importants prisonniers présumés terroristes.
Le nombre de détenus considérés comme des terroristes, à Diego Garcia n’est pas connu, reconnaît le Sunday Express, mais il affirme avoir appris d’un haut officiel de la CIA “que nombre de prisonniers y sont depuis plus de deux ans”. Selon l’hebdomadaire, un manuel de la CIA affirme que seuls les prisonniers considérés “les plus difficiles” sont envoyés à Diego Garcia. Citant un officier à Washington, le journal écrit que cet atoll est décrit comme étant “un des sites où les agents opérationnels d’Al Qaeda peuvent être gardés en sécurité”. Un autre agent de la CIA soutient lui que “contrairement à la majorité des détenus de Guantanamo, les prisonniers de Diego Garcia pourraient toujours avoir des informations importantes à donner et Diego Garcia a été désigné comme le lieu où ces informations peuvent être obtenues”.
Selon le Sunday Express, les prisonniers que l’on suspecte être des membres d’Al Qaeda, ainsi que de hauts commandants talibans détenus à Diego Garcia, sont connus des agents de la CIA sous l’appellation “ghost detainees” (détenus fantômes) car, officiellement, personne ne confirme leur existence.

“MENACES ET PEUR”

Parmi eux se trouveraient notamment Abu Zubair al Hilali, Abu Zubayadah et Abu anas al Philistini bin al Shilbi. Abu Zubayabah, suspecté d’être un membre de la hiérarchie élevée d’Al Quaeda, a été capturé par des agents pakistanais et livré à la CIA. Le journal soutient également que la présence de prisonniers sur l’atoll est si secrète qu’un officier américain engagé dans la lutte antiterroriste, basé à Washington, a déclaré que le président Bush a lui-même informé la CIA “qu’il ne voulait pas savoir où se trouvaient les prisonniers”. De son côté, le directeur du FBI, Robert Mueller, a déclaré devant une commission sénatoriale américaine que les techniques d’investigation utilisées par les enquêteurs de la CIA en dehors des territoires américains “violaient toutes les lois américaines contre la torture et pouvaient être considérées comme des actes criminels de la pire espèce”. Ces méthodes sont définies dans un manuel de la CIA sous les titres “Menaces et peur” “Douleur” et “Suggestion et hypnose”. Le Sunday Express affirme avoir vu une copie de ce manuel. Selon le journal britannique, les enquêteurs américains ont un accès illimité aux prisonniers de Diego Garcia. Ceux-ci sont détenus sur des bateaux ancrés au port de l’atoll et ne descendent à terre que pour être interrogés dans une cellule située près de la piste d’atterrissage de la base d’où avaient décollé des bombardiers B 52 en route pour l’Afghanistan et l’Irak. Le transport des prisonniers importants vers Diego Garcia se ferait à bord de jets privés.
Ces avions sont plus discrets. Mais pour qu’ils puissent atterrir sur une base militaire, il leur faut obtenir un feu vert en très haut lieu. Le Sunday Express affirme avoir recueilli le témoignage d’un agent américain qui implique la Maison Blanche. “Ces opérations sont supervisées au plus haut niveau à Washington. La plupart de ces vols privés sont approuvés par la Maison Blanche”, a déclaré cet agent. L’hebdomadaire rappelle qu’Alberto Gonzales, conseiller personnel du président Bush, avait déjà déclaré que “les décisions importantes concernant les prisonniers et leur statut étaient prises par le président”.
Malgré les multiples témoignages recueillis, le Sunday Express reste prudent. Cette réserve s’explique par le fait que, malgré de nombreuses tentatives, Amnesty International et la Croix Rouge se sont toujours vu refuser la permission de visiter Diego Garcia."

Le Mauricien/Week-End.


Source, archives
http://www.clicanoo.com/articles/article.asp?id=78932

11:00 a.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

Terrifiant, comme information ! Je suis d'avis qu'on n'a pas plus le droit de nier l'existence de ces camps de tortures américains tout à fait monstrueux, qu'on a le droit de nier, envers l'Histoire, l'holocauste perpétré par les Nazis contre les Juifs et les Polonais, le génocide contre les Arméniens, et les démentielles tueries de Pol Pot à l'encontre de son propre peuple. Il faut que les ressorts de la nature humaine qui font agir de tels déréglements, soient neutralisés à tout jamais.

Akakia

11:13 a.m.  
Anonymous Russel Bouchard
dit :

«On commence toujours en France par mettre un homme trois ou quatre ans en
prison, après quoi on le juge.»
Voltaire à Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu. 21 juillet 1764. D12002 Communiqué par A.Magnan via Lucien Choudin, de Ferney-Voltaire.


Voilà bien la preuve que rien n'a vraiment changé dans le pire de ce monde et que ce qui vallait pour la Bastille, à l'époque de Louis XV, vaut aujourd'hui pour Guantanamo, cette Bastille des temps modernes, cette créature des coquins de la Maison Blanche.

Akakia

2:36 p.m.  

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