dimanche, mars 19, 2006

Lettre ouverte à Mme Sheila Copps

À force de vouloir tout multiculturaliser, on est en train de détruire la force que représente justement la richesse de la diversité culturelle du Québec et du Canada. Si les Irlandais, les Juifs, les Italiens et les autres derniers arrivants ont fait beaucoup pour le pays, il ne comptent toutefois pas parmi les peuples fondateurs qui sont, et n'en déplaise à toutes les Shela Copps du Canada, uniquement : les Indiens, les Inuits, les Métis, les Acadiens, les Canadiens français et les Néo-Écossais. Exceptionnellement, je publie sur mon blogue cette réplique particulièrement bien inspirée de Marie Mance Vallée, à l'encontre des divagations de l'ex-ministre en mal de ses drapeaux...
Russel Bouchard


Montréal, le 18 mars 2006
Madame Sheila Copps

Objet : La Saint-Patrick

Madame,
Dans votre billet du 17 mars dernier paru dans le Journal de Montréal, vous invoquez vos origines irlandaise, anglaise et acadienne pour banaliser, sans doute dans un esprit bien «canadian», celle de millions de Québécois de souche française qui sont les véritables, les authentiques fondateurs du pays dont vous vous réclamez.

Comme le Journal de Montréal, institution bien québécoise, vous permet, vous autorise pour des raisons que j'ai mal à comprendre, à vous adresser à environ 300 000 lecteurs, je m'autorise à rectifier votre propos afin de ne pas entretenir la confusion que vous semblez vouloir créer auprès des lecteurs d'origine française de ce journal.

Vous allez même jusqu'à prétendre, sans preuve à l'appui, que « des millions de Québécois ont un ancêtre irlandais ». C'est fort possible et je ne m'en scandalise pas du tout. Les Irlandais en général, et pour les raisons que vous invoquez dans votre billet, se sont bien intégrés. Nous le savons puisque nous avons participé à cette intégration, contrairement à l'Anglais qui leur portait bien peu d'estime et de considération. Mes parents et amis irlandais vous trouveront sans doute bien maladroite, pour ne pas dire autre chose, de vouloir nous imposer, de cette manière, leur existence parmi nous.

Et vous en remettez pour écrire : « Avec autant de sang celte, on peut affirmer sans présomption que l'idée d'un Québécois pure laine n'existe pas. La plupart d'entre nous viennent d'ailleurs. Mais heureusement, nous partageons tous, une fois par année, un patrimoine commun sans rien de politique».

À la lecture de ce propos, faut-il penser que la population québécoise d'origine française n'existe plus? N'a jamais existé? Que l'arrivée massive des immigrants irlandais aurait donné naissance à une nouvelle nation? À la naissance d'un nouveau pays qui sent de plus en plus le multiculturalisme canadien à plein nez? Je vous rappellerai que les Québécois de souche sont présents dans ce pays depuis au moins 1608 et, à ce que je sache, ils ont toujours été majoritaires et le sont encore, malgré un certain métissage.

De plus, il faut savoir, madame Copps, que les Québécois de souche n'ont jamais été des immigrants, mais bien des émigrants. Nuance qu'on tente d'occulter de plus en plus, ces dernières années afin... de nous réduire au rang d'une communauté culturelle au même titre que les autres communautés. Communautarisme anglo-saxon oblige!

Ailleurs vous écrivez : « On n'y trouve pas cet esprit de compétition et de rectitude politique qui ronge la Saint-Jean-Baptiste ou la fête du Canada ».

Point n'est besoin, madame Copps, d'écraser, d'insulter les fondateurs de ce pays et leur fête nationale pour vous jucher sur ce que vous considérez sans doute comme des agonisants sous respirateur artificiel. Quant à la fête du Canada, je vous la laisse; elle vous appartient.

Vous écrivez aussi : « Heureusement pour les gens férus de patrimoine et d'histoire, les fêtes de la Saint-Patrick n'ont pas encore été gâchées par la manipulation politique. Elles ont peut-être un peu perdu leur signification originale, mais elles donnent encore à tous, comme aucun autre jour de l'année, la chance de se rassembler dans un esprit d'unité ».

Ce billet politique manipulateur en faveur de l'unité canadienne et qui occulte les Québécois de souche et que vous vouliez sans doute rassembleur n'aura eu pour effet que de me prouver encore une fois que le Canada et les Canadiens via les services du Journal de Montréal et d'une ancienne ministre du Patrimoine canadien poursuivent leur lutte incessante contre les fondateurs de ce pays et tentent de semer la confusion sur l'identité québécoise de souche française et ce, dans un but bien défini.

Bien à vous.
Marie Mance Vallée

5 Comments:

Anonymous Anonyme
dit :

Vous me permettrez d'apporter une précision qui me semble très importante.

Dans mon esprit lorsque j'utilise les expressions «fondateurs de ce pays» ou «Québécois de souche», j'entends les Canadiens français, les Métis, les Irlandais, les Écossais ou tout autre nationalité présente en Nouvelle-France (Canada et aujourd'hui le Québec) avant la Proclamation royale de 1763. De tous ceux qui ont bien voulu vivre, se développer et prospérer avec nous.

Ce sont les fondateurs du pays réel.

Je ne mentionne pas les Indiens et les Inuits parce qu'ils ont été reconnus par le gouvernement canadien au titre de nations.

7:58 p.m.  
Anonymous Anonyme
dit :

Bien dit Madame Vallée! Mais n'aurait-il pas fallu dénoncer aussi le fait qu'elle (Mme Copps) n'a que renchéri sur la trahison des néonationalistes québécois
qui renient tous les jours que le bon dieu amène la réalité historique du Québec et la place prépondérante des canadiens français, des indiens et des Métis
dans l'histoire et dans l'identité même du Québec?? ( nation civique oblige...)

Les Canadiens français, répudiés par leurs élites n'ont qu'eux à blamer!.Je ne suis pas surpris que de tels propos (Copps) deviennent à la mode. Déçu pour ce peuple mais pas surpris. Encore chanceux qu'on ne l'ait pas applaudi!

Peut-être sera-t-elle candidate au titre de "patriote de l'année"?

Richard Harvey

8:46 p.m.  
Anonymous Anonyme
dit :

Est-ce que votre excellente lettre sera publiée dans le Journal de Montréal en réponse à cette Copps?

8:28 a.m.  
Anonymous Anonyme
dit :

M. Harvey,

D'abord j'aime bien l'expression «néonationalistes» puisque c'est bien de cela qu'il s'agit. Il faudra dorénavant l'utiliser afin de bien signifier que nous avons bien compris que les souverainistes sont bien passés à autre chose. Que nous ne sommes pas dupes.

Ceci étant dit, ma lettre se voulait dans un premier temps une dénonciation de Quebecor qui aurait reçu une commandite, je l'ai moi-même entendu à la télé ainsi que d'autres personnes, mais nous n'en avons jamais entendu parler par la suite. Je me pose bien des questions à ce sujet. S'agit-il d'une légende urbaine??? Sinon, nous pourrions penser bien des choses de cette institution québécoise...qui permet aux Copps de semer leur venin anti-Québécois de souche à des milliers de lecteurs.

Dans un deuxième temps, dénoncer madame Copps qui dit n'importe quoi et qui est à la solde de l'université Western, là où se concocteraient toutes ces idées qui circulent sur la nation civique et que les néonationalistes et les néosouverainistes québécois ont repris à leur compte tels des perroquets, sans plus de réflexion. Et qui sont ces néonationalistes et néosouverainistes québécois pour répéter la propagande de ceux qui veulent notre disparition?????

Quant à ce nationalisme civique (nation civique), je me rends compte de plus en plus, et je ne sais pas si vous serez d'accord avec moi, qu'il a toujours existé au Québec, et même au temps de la Nouvelle-France. Les néonationalistes n'ont rien inventé. C'est dire différemment et pour la galerie, des comportements qui ont toujours existés. On tente de faire accroire aux Québécois qu'ils sont ethniques quand ils ne l'ont jamais été. On nous culpabilise régulièrement dans un but bien défini. Ce qui espliquerait peut-être le «silence» de l'homme québécois déjà si culpabilisé par le féminisme à outrance.

Enfin, on ne peut tout dire dans une seule lettre, mais je dois vous avouer que j'ai trouvé un grand plaisir à répondre à madame Copps qui est le ver dans la pomme avec la bénédiction de Quebecor.

Elle et ses semblables sont sous haute surveillance...

Voyez les Coderre, les Graham qui flirtent par opportunisme avec les Canadiens français et la langue française. Mais pour qui nous prennent-ils? Croient-ils que nous les croirons quand depuis des décennies le gouvernement fédéral a tout mis en place pour nous exterminer. Les voilà maintenant très attentifs à notre sort.

Se prononceront-ils sur la situation des Métis???? J'ai bien hâte de les entendre.

9:20 a.m.  
Anonymous Anonyme
dit :

M. Tremblay,

Merci.

Ma lettre a été adressée directement à madame Copps au Journal de Montréal avec une copie conforme à Vigile qui l'a publiée immédiatement. Il n'en tient maintenant qu'à elle de la faire paraître. Nous verrons bien où se situe son courage.

9:25 a.m.  

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