mardi, juin 09, 2020

Nous sommes en train de disparaitre dans l'arrivant, devenu l'occupant...

La manifestation qui a eu lieu à Montréal au cours de la fin de semaine du 7 et 8 juin pour dénoncer la brutalité policière aux États-Unis, s'est vite retournée contre les Canadiens français du Québec. Nous sommes en train de disparaître dans l'arrivant, devenu l'occupant...

Maintenant qu'ils (les immigrants) sont bien en place, ils font tout pour qu'on disparaisse. Ils nous détestent ! La famille Trudeau, père et fils, a fait le nécessaire pour qu’ils y arrivent...

Nous leur avons ouvert toute grande la porte, eh bien ils sont entrés et ils nous la rentrent bien profond. Et le cri lancé à toutes les unes vient justement de Montréal, la tombe du Québec des Canadiens français et des régions fondatrices du Québec et du Canada. Quand Montréal est née, en 1642, cela faisait déjà un demi-siècle que nous plantions nos racines à Port-Royal, Sept-Iles, Tadoussac, Québec. Pour plusieurs d’entre nous qui sommes Métis euro-amérindiens, cela faisait 5000 ans.

Montréal n’est pas le Québec. Ou plutôt, n’est plus le Québec. Vous vous souvenez de l’époque du débat national sur l’indépendance, on disait deux Québec en un, ce qui mettait en opposition les nationalistes et les fédéralistes. Eh bien ce concept il a évolué. Nous avons, plus que jamais, deux Québec ; le Montréal multiculturalisé et les régions qui se sentent menacées par ce mouvement migratoire de masse qui nie les particularités régionales. Et comme la population de Montréal est plus importante en nombre que celle des régions, ils votent les lois d’assimilation, et ils nous désarment parce qu’ils craignent qu’on se révolte.

C’est maintenant irréconciliable. Le racisme n’a rien à y voir. Nous appartenons à deux mondes ; celui dans lequel les Montréalais font leur vie, et celui où je fais la mienne. Ces deux mondes sont de moins en moins conciliables. C’est une grande fracture, nous ne sommes pas responsables et nous ne pourrons pas la réparer. C’est très difficile pour moi, qui a passé ma vie, à vouloir préserver notre mémoire, et de comprendre au final, que c’est celle des arrivants que mes petits-enfants vont recevoir en héritage.

Akakia